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Redécouvrir Barbara Strozzi avec Alice Duport-Percier et Franck Marcon

La vallée de la Roya au nord de Nice est riche d’un patrimoine organistique profondément marqué par l’Italie, proche par l’histoire et par un style de facture instrumentale. L’orgue de Breil, sous les doigts de , est un témoin judicieux pour découvrir l’univers de et soutenir avec élégance la voix volubile d’.

La route royale des orgues ! Quel joli titre pour concrétiser un projet de voyage à la découverte d’instruments historiques entre France et Italie. Cette dénomination reprend le terme de la route « dite royale » qui reliait jadis Nice à Turin par le col de Tende. Un festival international d’orgue porte désormais ce nom et organise chaque année une série de concerts sur une quinzaine d’instruments de la vallée de la Roya autour de récitals ou de ciné-concerts où les organistes improvisent sur des films de l’époque du muet.

Par le passé, plusieurs disques ont été réalisés notamment par René Saorgin et Silvano Rodi, découvreurs et promoteurs passionnés de ces orgues retrouvés. , organiste et directeur artistique du festival international des orgues a choisi pour un premier CD l’orgue de Breil-sur-Roya édifié en 1760 par les frères Concone, qui bien que tardif est un partenaire adapté au programme proposé. De style italien par sa composition et son harmonie cet instrument sert avec à propos la musique de et de au travers d’un accompagnement où la voix de l’orgue et ses jeux de grande vocalité, enveloppe agréablement celle de la soprano soliste.

La compositrice , née à Venise en 1619, est sans doute l’une des plus grandes et rares musiciennes italiennes du XVIIᵉ siècle. Son œuvre est considérable et dépasse souvent en nombre celle de ses contemporains. L’œuvre présentée ici Affetti musicali op.5 datée de 1655 nous permet d’entendre six Motets choisis parmi les quatorze composés. A destination religieuse, ces Motets comme le décrit Jean-François Lattarica, ami de , sont l’expression même de la personnalité de Barbara Strozzi, « dévote et libertine ». Sa musique s’entend comme profonde et virtuose, dans la lignée de Claudio Monterverdi et de .

joue et se joue avec aisance et grâce de vocalises spectaculaires, d’états d’âme remplis d’émotion portés parfois par de douloureuses dissonances. Franck Macron, familier de ces orgues baroques italiens offre un continuo riche et solide, tel un petit orchestre qui enveloppe et dialogue à l’envie.

Les pièces d’orgue solo sont d’agréables interludes puisés dans les formes habituelles (Toccata, Canzona) jusqu’à une très intéressante transcription d’une Passacaille de initialement écrite pour le clavecin…

Voici un volume 1 très prometteur d’une collection en devenir qui révèlera encore plus les orgues d’une région, un répertoire et des organistes, parfois accompagnés de voix et d’instruments divers.

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