En lever de rideau du 46e festival Montpellier Danse, le chorégraphe Dimitri Chamblas joue d’un casting prestigieux pour un moment intime avec deux grands interprètes, Ulysse Zangs et Marion Barbeau.
Dans la cour Montanari de l’Agora de Montpellier, le chorégraphe Dimitri Chamblas a invité deux interprètes exceptionnels, formés à l’école de danse de l’Opéra de Paris, pour une création qui porte leurs prénoms : Ulysse Marion. Le public s’installe sur des coussins au sol sur le sable. Ulysse Zangs et Marion Barbeau sont là. En échauffement sur le bord, saluant le public d’un geste.
C’est Marion Barbeau qui prend place la première sur le sable de la cour. Sur fond de piano, dans une première partie elle tend un bras devant elle au sol. Puis marche avec une grande tension dans le cou, légèrement entravée par un large jean effrangé. Lorsqu’elle le quitte, les mouvements se libèrent pour laisser s’installer des gestes, des souvenirs de son apprentissage de la danse. Les attitudes et sauts du classique, qui fut son quotidien jusqu’à son départ du Ballet de l’Opéra de Paris, traversent son corps. Comme un retour aux sources sur fond de la chanson Une petite cantate de Barbara chantée par un enfant. Ce solo ressemble à une sorte d’autoportrait guidé. Dimitri Chamblas sert de révélateur à Marion Barbeau. Tour à tour danseuse et comédienne, elle revient ainsi à son premier talent de grande danseuse sensible et incisive.
Elle vient s’assoir dans le public et devient à son tour spectatrice du parcours d’Ulysse Zangs. Le long danseur apparait au fond de la cour. Il chante d’une voix très claire accompagné d’une guitare. Car lui aussi développe plusieurs activités artistiques. Dimitri Chamblas l’a poussé à s’emparer de ce talent de musicien. Mais c’est en danseur qu’il jaillit, levant la poussière du sable de la cour. Il déploie ses longs bras émergeant d’un large tee shirt troué, porté comme un vêtement fétiche que l’on a plaisir à porter. Courses rapides, arrêts nets. L’énergie est maitrisée. Il tend un tube de rouge à lèvres à un spectateur pour se faire maquiller. Il s’en barbouille la bouche pour un instant plus rock.
Le travail en fulgurances de chacun des artistes ressort au mieux dans cet espace. Ils vont d’ailleurs développer l’exercice dans d’autres lieux très grands comme les arènes de Nîmes ou La Villette à Paris. Les deux interprètes nous montrent avec force leur plaisir de danser, de se saisir de cet espace ouvert en toute liberté.
Marion dans le public se lève et rejoint Ulysse. Le public est debout. La rencontre a eu lieu, mais sans croisement des talents.
Crédits photographiques : © Laurent Philippe
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