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Sans décors mais avec mise en scène et costumes, La Veuve joyeuse enchante Metz

Donnée dans la belle salle de l’Arsenal, l’opérette de s’adapte aux spécificités du lieu. Très belle distribution pour un spectacle bien huilé, partiellement réécrit et magistralement interprété.

Pour sa deuxième saison « hors les murs », c’est avec la plus célèbre des opérettes de que l’Opéra-Théâtre de l’Euro-Métropole de Metz a choisi d’ouvrir le bal. On pourra certes objecter que le superbe Arsenal de Ricardo Bofill n’est pas le lieu idéal pour un tel ouvrage, donné ici entièrement sans scénographie. Un lustre Montgolfière perché dans les airs constitue le seul élément de décor du spectacle, auquel s’ajoutent ici et là quelques accessoires défilant sur les praticables faisant office de plateau : miroirs, bouquets, etc. La mise en scène de , en revanche, utilise tous les coins et recoins de la salle, couloirs et escaliers d’accès à la salle compris, pour créer un spectacle d’une rare mobilité, dont la beauté visuelle repose à la fois sur les magnifiques costumes de Giovanna Fiorentini, sur les subtils éclairages de Patrick Méeüs et sur la formidable chorégraphie de . La réussite de la proposition tient en grande partie à la fluidité des déplacements et à l’interaction quasiment permanente entre solistes, choristes et danseurs, tous habilement intégrés dans la production. On notera à cet égard l’exceptionnelle implication dans la chorégraphie de chanteurs comme , et . De manière à fluidifier encore le discours, les dialogues parlés sont remplacés par un texte en français écrit et dit par , lui-même interprète du rôle du Baron Mirko Zeta. Texte désopilant et rempli de gags, qui rend parfaitement compte des enjeux dramatiques en cours et qui renforce tout le potentiel comique de l’ouvrage. Les parties mises en musique sont, quant à elles, chantées en allemand.


Le succès général, on s’en serait douté, est également dû à la qualité de la distribution, qui ne souffre d’aucun maillon faible, hormis l’allemand de certains interprètes. Comme souvent à Metz, les petits rôles sont confiés à des chanteurs issus du chœur, ce qui permet d’apprécier tout le talent d’artistes comme Ornella Bourelly, Thomas Roediger, Éric Mathurin ou encore Bo Xin. Les rôles secondaires permettent d’entendre les admirables et dans les deux malheureux prétendants que sont Cascada et Saint-Brioche. En Valencienne, paraît un peu pâle à côté de l’étincelant Rosillon de , mais elle s’acquitte dignement de son rôle. Très à l’aise scéniquement et maître absolu de son texte, a tout ce qu’il faut pour briller en Baron Mirko Zeta. Éblouissant dans son rôle de tendre macho, ne fait qu’un avec le rôle de Danilo, qu’il a déjà maintes fois chanté sur nos scènes nationales. Peu connue en France, est une véritable révélation, grâce à un soprano ample et pulpeux que l’on attend dans les grands rôles du répertoire. Excellente prestation des choristes et des danseurs maison, dirigée par le chef , qui sait tirer de l’ les suaves sonorités de la musique de Lehár. Fougueuse, précise et énergique, sa direction sait aussi donner corps et sens à tout le « Schmalz » d’une musique qu’on dit parfois sentimentale, mais qui porte surtout toute la nostalgie d’un paradis perdu.

Crédit photographique : © Philippe Gisselbrecht – Opéra-Théâtre de l’Euro-Métropole de Metz

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