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Dédé, ou la fête à l’Usine

Festival de Saint-Céré et du Haut Quercy

Le fait devient de plus en plus évident, les comédies musicales des années 20 redeviennent à la mode. Et pourquoi pas en effet, si la musique est agréable et le livret divertissant ? Cependant, il n’est pas si facile d’en monter une, car ces amusantes œuvrettes nécessitent une mise en scène bondissante et sans temps morts, et des interprètes pleins de verve. Le pari est complètement réussi à Saint-Céré, avec ce Dédé de créé par Maurice Chevalier en 1921.

se souvient avec bonheur de la période où il montait des spectacles au Palace, dans les années 80. Sa mise en scène, hilarante, débordante, est absolument inracontable. On y trouve, pêle-mêle, du strass, des paillettes, des plumes, une vache qui meugle, un gendarme à vélo, un danseur en tutu rose, une bombe de désodorisant, des gags à la pelle, et surtout, un rythme d’enfer.

L’idée de génie, peut-être, est d’avoir distribué les rôles à des artistes pleins de verve, dont le physique (complété il est vrai par le costume et le maquillage) sont à l’opposé de celui qu’on attendait. Ainsi, l’entrée de la jeune première, Denise, interprétée par , crée-t-elle un sacré choc… Elle le sait, en joue et en rajoute, tout en menant le spectacle à un train d’enfer…On n’imaginait pas non plus le chanteur, acteur et metteur en scène en boutonneux à lunette, mais il brûle les planches, danse, s’agite, est partout à la fois. La réussite du spectacle lui doit beaucoup. Pour compléter le trio de tête, l’acteur , plus sobre mais tout aussi drôle, à qui est dévolu l’air célèbre « dans la vie faut pas s’en faire ».

Tous les autres protagonistes seraient à citer pour leur entrain, leur implication, et également pour leur diction, car on ne perd pas un mot, ou plutôt pas un jeu de mot, ce qui n’est pas toujours le cas dans des productions bien plus médiatisées.

Les musiciens, le pianiste , le contrebassiste et le batteur , sont tout bonnement excellents, et donnent par leur son un peu « jazzy » un petit coté « cabaret » au spectacle.

La représentation se déroulait au théâtre de l’Usine, comme son nom l’indique, ancienne usine reconvertie, où se trouvent également les bureaux de l’équipe administrative du festival, et les ateliers de décor et de costumes. L’ambiance y est chaleureuse, bonne enfant. A l’entracte, les spectateurs sont conviés à partager un pique-nique dans la cour, favorisant ainsi rencontres, discussions et échanges, et prolongeant de cette façon la bonne humeur ambiante.

Crédit photographique : © Nelly Blaya