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Pamina et… Papageno !

La Flûte enchantée

Lorsque Mozart composa Die Zauberflöte sur un livret d’Emmanuel Johann Schikaneder, qui appartenait à la même loge que lui, la franc-maçonnerie était un sujet qui piquait d’autant plus la curiosité des contemporains que l’impératrice Marie-Thérèse en interdisait la pratique. Schikaneder s’inspira alors fortement du cérémonial maçonnique pour les épreuves que subissent Tamino et Pamina afin de devenir des initiés. Robert Fortune, metteur en scène de la production avignonnaise, illustre ces influences en accumulant les symboles maçonniques jusqu’à une redondance assez scolaire. Que de pyramides qui s’érigent à tous moments ! Pour le reste, il propose une vraie direction d’acteurs et, refusant de choisir entre le conte naïf et l’oratorio maçonnique, sert au mieux une œuvre qui reste insaisissable. La scénographie, assez épurée mais recherchée, crée une atmosphère onirique bienvenue. Grands voilages bleus nuit pour la Reine du même nom, verts feuillages pour l’oiseleur et pierres venues d’Egypte, berceau supposé de la franc-maçonnerie.

Le plateau recèle de vrais bonheurs. A commencer par qui séduit par une voix bien placée et bien projetée. Cette jeune soprano est dotée d’un beau médium et d’un aigu facile. La technique brillante est chez elle au service de l’actrice qui compose un beau personnage de Pamina. Assurément une artiste à suivre. Et puis il fallait être en Avignon pour . Il est d’abord un excellent comédien, extrêmement drôle en oiseleur naïf aux dépends de qui la mise en scène s’amuse, mais aussi un chanteur parfaitement à l’aise dans l’habit à plumes de Papageno. Sa voix saine, franche, mozartienne, en fait un Papageno de luxe qui, en Avignon, ne peut boire autre chose que du Château-Neuf du Pape. est un Tamino crédible et bien chantant, qui a le mérite de tenir sur la longueur sans trop toutefois se renouveler. Rien que de très pardonnable au vu de la composition, toujours juste, d’un Tamino noble et réfléchi. et sont impeccables, comme à leur habitude. Enfin, Anna Skibinsky expose en Reine de la Nuit un suraigu brillant mais son instrument manque encore de la souplesse nécessaire pour bien détacher chaque note de l’aria « Der Hölle Rache », qui ne reste ici malheureusement qu’un exercice technique.

Quant à , qui s’affirme de plus en plus comme l’un des jeunes chefs avec qui il faudra désormais compter, il opte pour des tempi assez lents, assure l’équilibre entre fosse et plateau et dirige d’excellents solistes d’un Orchestre Lyrique de Région Avignon-Provence en forme.

Crédit photographique : Opéra d’Avignon – ACM Studio