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Ensemble Intercontemporain, un regard sur la Suisse

A l’occasion de la rétrospective consacrée au peintre suisse Ferdinand Hodler (1863-1918) – un artiste considéré aujourd’hui comme l’un des chefs de file de la modernité – le Musée d’Orsay proposait, en un cycle de huit concerts, un regard sur la musique suisse qui s’achevait, ce jeudi 24 Janvier 2008 avec la prestation de l’ en petite formation fixant son choix sur cinq compositeurs helvètes d’aujourd’hui. Si certains sont bien connus du public parisien comme Jarrell, Holliger ou Kyburtz dont la renommée va bien au-delà des frontières de leur pays, on découvrait ce soir une jeune génération émergeante qui tente à prouver l’existence des forces vives de la création – le concert monographique du jeune il y a quelques semaines le confirmait – dans une nation qui abrite, rappelons-le, une importante part de la musique du 20ème siècle grâce à la fondation .

Avec Scongiuro, une œuvre commandée par l’Ensemble Contrechamps – une des phalanges suisses les plus actives pour le développement du répertoire contemporain – écrit une musique « d’humeurs », versatile, jouant sur la fragilité des textures et l’aspect fragmentaire du discours. Dans une esthétique assez proche entretenant la discontinuité et l’hétérogénéité du matériau, la deuxième œuvre de , The freedom of Speech – non dirigée mais sous la belle autorité d’, flûtiste de l’ensemble – concentre une énergie qui se libère par brusques rafales et déflagrations spectaculaires avivant les couleurs instrumentales.

Modifications de , se référant directement au roman de Michel Butor, est une œuvre de jeunesse du compositeur, crée en 1987 au Festival Musica de Strasbourg. Elle s’inscrit dans la mouvance spectrale à travers un jeu de métamorphoses aussi subtil que fascinant opéré : sur le matériau sonore, la conduite temporelle et l’itinéraire du soliste révélant les qualités de toucher et l’abattage virtuose de Sébastien Vichard.

Autre itinéraire, émaillé d’humour et de trouvailles sonores, celui de dont on connaît les multiples compétences de compositeur, chef d’orchestre et d’interprète. Son Quintette confronte, dans une interaction dialectique, un quatuor à vents très solidaire et un piano soliste. Dans un jeu théâtral à la Kagel, le piano, servant au départ de chambre d’écho aux quatre vents qui monopolisent « la parole », acquiert peu à peu son autonomie, laissant ses partenaires « sans voix ».

Le concert se terminait par une pièce de inscrite au répertoire de l’Ensemble depuis sa création par Pierre Boulez en novembre 2006. Sous la direction aussi précise qu’efficace de , Réseaux pour sextuor instrumental offre une texture foisonnante en constante effervescence qui captive l’audition même si, dans l’espace un peu confiné de l’auditorium, il manquait à l’œuvre ce rien de sensualité et de brillance qui en confère habituellement toute la séduction.

Crédit photographique : © Aymeric Warmé-Janville

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