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La Fille du régiment avec Natalie Dessay et Juan Diego Flórez

Quarante ans après Joan Sutherland et Luciano Pavarotti, ce sont et qui s’emparent de La Fille du régiment, opéra-comique de Donizetti, lors d’une une coproduction entre les maisons d’opéras londonienne, viennoise et new-yorkaise. Les échos de ces représentations triomphales nous parviennent enfin aujourd’hui grâce à la captation réalisée à Covent Garden. Une fois les dialogues actualisés par , n’a plus qu’à utiliser son habituel savoir-faire pour faire de cette charmante partition une excellente comédie. Servie par une excellente équipe d’acteurs-chanteurs, sa production est d’emblée enthousiasmante.

Plus « singing actress » que jamais, notre nationale ne fait qu’une bouchée du rôle de Marie, se glissant dans un emploi à la hauteur de ses talents de belcantiste et de comédienne, trouvant les intonations, les mimiques, la gestuelle qui composent un personnage haut en couleur. Avec un petit côté Alexandra Lamy alias Loulou lorsqu’elle bougonne en épluchant ses pommes de terres ! Véritable boule d’énergie, quitte à parfois subordonner les exigences du chant à celles de la scène, la soprano compose un personnage très crédible, drôle et émouvant. Lui aussi parfait dans son rôle, s’affirme sans conteste comme l’actuel titulaire idéal du rôle de Tonio. Ovationné après les neuf contre-uts de « Pour mon âme », enchaînés avec une déconcertante facilité, il l’est aussi pour la chaleur de la romance « Pour me rapprocher de Marie » chantée mezza-voce et aussi fascinante sur le plan de la technique qu’efficace sur celui de l’émotion. Autour de ces parfaits jeunes premiers s’activent d’excellents comédiens aux dictions françaises correctes – fantastique Sulpice paternel d’un méconnaissable, Hortensius apeuré, imposante Duchesse et surtout, malgré l’usure de la voix, une marquise théâtrale et finalement touchante incarnée par .

entraîne l’opéra-bouffe dans une lecture vive et subtile, à la tête de l’excellent orchestre de la maison, aux superbes cuivres et aux vents précis. Ce nouveau succès de Natalie Dessay immortalisé par Virgin (après celui de Manon, il y a peu), est malheureusement livré dans un coffret moins luxueux, avec une qualité d’image inférieure et une absence totale de bonus. Il n’en est pas moins indispensable dans la discographie de cet ouvrage délicieux du compositeur de Lucia.