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Plaisir mitigé pour Les contes d’Hoffmann à Hambourg

Depuis peu de temps, et grâce aux travaux des musicologues et , le mélomane peut entendre le dernier opéra de dans sa forme la plus complète et la plus fidèle au projet du compositeur, mort avant la création. C’est cette version intégrale que propose l’opéra de Hambourg dans une nouvelle production datant d’octobre 2007.

La mise en scène de Christine Mielitz laisse un souvenir contrasté : Les bonnes idées voisinent avec d’autres intentions plus brouillonnes. Parmi les réussites, citons l’acte d’Olympia avec un Cochenille omniprésent et déjanté, l’excellent Benjamin Hulett. En revanche le procédé consistant à faire tourner le grand cube central devient systématique et finit par lasser. Autre exemple : l’utilisation de panneaux réfléchissants peut s’avérer judicieuse, comme lorsqu’ils nous permettent de voir le reflet des musiciens jouant dans la fosse pendant qu’Antonia se laisse emporter par la musique. Utilisé un peu plus tard, le procédé perd de sa pertinence et crée la confusion. De même, le mélange de costumes de style ou d’époque différents laisse perplexe. Les quelques projections vidéos et effets de lumière sont les bienvenus et correspondent au caractère fantastique et onirique de l’œuvre.

La direction de reste un peu sage, mais les petits décalages naissant parfois entre fosse et scène sont très vite maîtrisés. On regrette que certains instrumentistes dérapent : citons par exemple l’introduction de la flûte entre les deux couplets d’Olympia. On aimerait aussi que les parties chorales soient un peu plus intelligibles.

Alan Titus incarne les quatre personnages diaboliques avec une certaine prestance. Les quatre figures féminines objets de l’amour d’Hoffmann sont malheureusement incarnées par trois chanteuses différentes, Inga Kalna chantant Stella et Antonia. Il est vrai que les sopranos capables de chanter les quatre rôles sans faiblir ne courent pas les rues. Ha Young Lee se paye un franc succès en Olympia bimbo. Inga Kalna est une Antonia scrupuleuse, même si le timbre n’est pas des plus charmeurs. Cette remarque vaut aussi pour la Giulietta de Miriam Gordon-Stewart. interprète un Nicklausse et une muse vocalement très sûrs, la voix est homogène sur toute la tessiture ; dommage que son français ne soit pas du même niveau. Zvetan Michailov déçoit dans le rôle d’hoffmann, bien que son français soit plutôt intelligible pour le coup, et l’acteur engagé. Mais vocalement il est trop effacé : le timbre est terne, les aigus manquent d’éclat ; l’interprète en vient à «marquer», comme lors d’une répétition, au cours du trio avec Crespel et Miracle : on ne l’entend plus. Fatigue passagère due à la longueur du rôle ? Trou de mémoire ?

Pour terminer signalons le très bon niveau de la mère d’Antonia, Ann-Beth Solvang, et des rôles secondaires, dont certains sont membres de l’»Opernstudio» qui permet aux jeunes artistes de faire leurs armes dans une grande maison. Même si cette représentation ne tient pas toutes ces promesses sur le plan vocal ou instrumental, le plaisir d’entendre cette partition géniale dans son intégralité l’emporte sur nos réserves.

Crédit photographique : DR