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Wozzeck à Bastille, ouverture de saison en demi-teinte

Ouverture palote à l’ONP, après une Mireille étrillée par les confrères, la reprise de la production Marthaler de Wozzeck – un héritage de la période Mortier – souffre d’une distribution déséquilibrée.

En effet, est un Wozzeck honnête, bon acteur, qui a compris le rôle. Une prestation qui ne démérite pas, mais la voix ne suit pas toujours, l’émission est raide dans les aigus, la fatigue se fait sentir le long des actes. Il faut pouvoir succéder à dans la même production… De même pour , actrice formidable, Marie tout à la fois vénale et repentante. Mais les aigus sont criards et la projection trop courte (l’orchestre la couvre plus d’une fois). Tout simplement Wozzeck est baryton, Marie soprano, et la distribution avait prévu un baryton-basse et une mezzo-soprano… Or c’est tout de même l’ouverture de la saison à Bastille qui se jouait ce soir-là !

Le reste n’appelle que des éloges : est un vieux routier du rôle du Docteur pervers, un Capitaine cynique à souhait aux aigus insolents, ravissant presque la vedette à l’excellent en Tambour-Major. Signalons aussi , qui domine toujours autant le plateau dans le court rôle de Margret. Enfin parmi les seconds couteaux, retenons le Premier compagnon de et le Fou de François Piolino. L’orchestre, véritable protagoniste, est chauffé à blanc par , livrant une lecture incisive à souhait, haletante, et toujours respectueuse de l’équilibre fosse / plateau.

La mise en scène de reste toujours aussi efficace. Quelques menus changements sont opérés ça et là, soulignant un peu plus la névrose du personnage principal (schizophrène ? autiste ? homosexuel refoulé ?) dans cet unique décors de cantine de caserne. Une production majeure de l’Opéra National de Paris, qui, espérons le sincèrement, reviendra souvent dans les saisons à venir.

Crédit photographique : (Wozzeck) & (Mergret) ; Vincent Le Texier (Wozzeck), (Doktor) & (Hauptmann)

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