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Vilaine Carmen à Salerne !

Un tableau figurant un taureau à l’épée saignante inaugure Carmen préfigurant l’épilogue dramatique. Malgré le succès auprès du public (toutes les représentations ont été faites à guichets fermés) et une critique favorable, la mise en scène traditionnaliste ne fait place à aucune innovation ni audace. Le moment le plus remarquable est sans doute le deuxième tableau du dernier acte : la procession de la quadrilla des toréros qui passe parmi le public pendant que sur scène sont présents tous les protagonistes de l’œuvre.

Un chant souvent incompréhensible mêlé à une mauvaise diction a caractérisé en général l’interprétation vocale. dans le rôle de Carmen, n’est ni provocante ni sensuelle comme l’on pourrait s’attendre mais touche, par moment, à la grossièreté. «Libre» et «brave» sans doute mais nullement mystérieuse. Elle est trop explicite ; son chant lourd, ne fait pas signe de charme. , est au contraire une Micaëla très élégante au chant sublime. Très malin, à la limite du ridicule, Escamillo se confronte avec un Don José inflexible, auteur d’une déclaration d’amour très passionnée. Aux lumières des bougies qui éclairent à peine la scène, souligne son désir amoureux avec élan et justesse d’intonation.

Le chœur d’enfants, très joli et correct dans l’interprétation est avec l’orchestre le «personnage» le mieux placé. Oren dirige un prélude vif et envoutant pour introduire tout suite le spectateur dans une ambiance de fête. Le début du troisième acte est l’un des moments, le plus suggestif. La harpe et la flûte solistes évoquent avec délicatesse le site pittoresque et sauvage suggéré par le livret pendant que des présences noires sur scène annoncent la fin dramatique de cette héroïne à l’âme inflexible.

Crédit photographique : (Carmen) © Pasquale Stanzione