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Gala de l’Opéra de Montréal


Un paysage sonore : la Maison symphonique.

Un concert-bénéfice que certains aficionados qualifieront d’un peu trop sage, sans éclat, ni grain de folie, avec au grand total une dizaine d’artistes canadiens, dans des airs tirés du grand répertoire. Depuis deux ans, cet événement tant attendu, prélude aux festivités de fin d’année, se rapetisse comme peau de chagrin. Un spectacle qui dure à peine trois heures, entracte inclus. Cette année, le 16ième Gala montréalais a tenu à rendre un vibrant hommage au baryton . La Maison lui devait bien cette reconnaissance pour son apport inestimable à la vie lyrique canadienne. Récemment, la France l’a honoré en le nommant au grade de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française. Son nom s’ajoute aux 52 membres intronisés à ce jour au Panthéon canadien de l’art lyrique.

Mais il y avait tout de même du nouveau dans le paysage sonore. D’abord, la salle en elle-même, certes confortable mais à l’acoustique merveilleuse. Et aussi des ajouts : le jeune violoncelliste Stéphane Tétreault offrant une interprétation tout en relief de la Méditation de Thaïs de Massenet et le pianiste Serhiy Salov dans le Liberstod de Tristan und Isolde de Wagner/Liszt.

Moment privilégié d’écouter dans des conditions optimales des voix telles que celles d’, l’air Una furtiva lacrima de l’Elisir d’amore de Donizetti, ou encore la soprano dans Samson et Dalila de Saint-Saëns, Mon cœur s’ouvre à ta voix. Assurément les deux artistes les plus marquants de la soirée. Mais la qualité des chanteurs était de très haut niveau. et Lauren Segal dans le duo de Lakmé de Delibes avant que la soprano interprète la prêtresse Norma dans la célébrissime Casta diva. Retenons aussi le sextuor de Lucia di Lammermoor de Donizetti où l’on a pu entendre , , , , , et le chœur de l’Opéra de Montréal.

Soulignons justement la prestance des chœurs. Encore une fois, mention spéciale à l’excellent travail de . L’ sous la baguette du chef invité , très attentif aux chanteurs, donne vie à toutes les pièces choisies. Le concert se termine sans surprise avec le Libiamo de la Traviata mais sans coupes de champagne à la main. Et sans le traditionnel florilège des chants de Noël qui laisse les spectateurs sur une note joyeuse. Enfin, sans magie. Restriction budgétaire oblige.

Crédit photographique : © Yves Renaud

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