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Création de Rodion Chtchedrine par Martha Argerich et Mischa Maisky

Petit miracle que cette soirée du 9 février 2011 où Lucerne reçut d’admirables artistes pour un spectacle mémorable. L’ dirigé par l’immense avait invité deux artistes que l’on ne présente plus : la pianiste argentine et le violoniste russe naturalisé israélien .

Leur incontestable talent s’est exercé dans la Sonate  en la majeur de ( de 1886, à l’origine Sonate pour violon et piano, transcription pour violoncelle de Jules Delsart) présentée avec ce qu’il faut de respect au texte mais également de liberté circonscrite pour la rendre vivante et délectable. L’interprétation du quatrième et dernier mouvement, Allegretto poco mosso, qui reprend le thème de l’Allegro ben moderato initial, fera date à n’en point douter.

Ils se distinguèrent surtout –avec un formidable brio et un total engagement – dans la création mondiale d’un nouveau Concerto pour piano, violoncelle et orchestre que le compositeur (né en 1932) a intitulé « Romantic Offering ». Le créateur, présent dans la salle puis sur scène pour recevoir une magistrale ovation, ne cacha pas sa sincère satisfaction d’être défendu par ces musiciens plus que doués. a justement exprimé son sentiment, largement partagé, en avançant : « J’éprouve une  sympathie toute particulière pour les compositeurs russes qui expriment ce petit quelque chose de spécial ». Romantic Offering résulte d’une tradition occidentale classique mais profondément revisitée et épicée d’une modernité limitée et intelligente que toutes les oreilles peuvent entendre et apprécier sans obstacle rédhibitoire. A preuve, le succès public ne fit aucun doute.

La soirée avait bien débuté avec le Scherzo capriccioso en ré bémol majeur d’ (1883) dans lequel les passages solistes firent merveilles pour s’achever par la Symphonie n°9 en mi bémol majeur de (1945)  superbement interprétée par un orchestre des grands jours dynamisé par ce chef d’expérience qu’est , ici peu démonstratif dans la gestique mais terriblement précis et efficace. Le basson entendu dans le Largo et au début de l’Allegretto final (3e et 4e mouvements) résume le niveau instrumental de cette formation précieuse.

Un concert majeur et en majeur, qui justifie pleinement ce DVD filmé on ne peut plus classiquement. N’est-ce pas souhaitable d’ailleurs ?