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Concert de gala des ICMA 2012 à Nantes

Apothéose festive suivant traditionnellement la remise des trophées des International Classical Music Awards, ce concert était l’occasion d’entendre bon nombre des lauréats accompagnés pour l’occasion par le l’Orchestre National des Pays de Loire et de son chef , eux même codétenteurs de l’ICMA 2012 catégorie concerto. Particularité de l’exercice, et pour permettre à un maximum d’artistes récompensés de participer à la fête, les œuvres programmées étaient rarement jouées en intégralité, à moins qu’elles soient modestement longues. Cette alternance assez rapide d’œuvres fort différentes ajouta une petite difficulté pour le chef et son orchestre qui devaient ainsi en l’espace d’un claquement de doigts retomber sur leur pattes en retrouvant le style adéquat et reconnaissons qu’ils se sont sorti de ce piège avec talent.

Et pour ouvrir le feu d’artifice, rien de mieux qu’une Danse du feu, avant que la violoniste lance le défilé des lauréats avec Tzigane de Ravel, une des œuvres de son disque primé en catégorie concerto (« French Impressions » chez Warner), où elle retrouva pour l’occasion l’orchestre et le chef qui l’accompagnait pour le CD. Récompensé en musique de chambre pour l’enregistrement du septuor op.20 et du sextuor op.71 de Beethoven chez Tudor, le Berlin était représenté par Wolfram Brandl, nouveau konzertmeister de la Staatskapelle de Berlin, qui nous offrit une Romance de Beethoven admirable de noblesse et de simplicité, magnifiquement chantante. On aurait aimé entendre un peu plus longtemps , car sa fugitive prestation berliozienne, victime de l’agenda du concert, n’en fut pas moins remarquable. Le chef offrit ensuite sa baguette au compositeur qui conclut la première partie de ce concert avec sa Sérénade (de 1997) où les cordes de l’orchestre surent trouver l’intensité et la couleur qu’il fallait pour cette œuvre.

La deuxième partie de ce concert de gala fut sans doute plus enthousiasmante car les œuvres choisies se prêtaient plus volontiers à ce type d’exercice où il faut soulever le public en un temps trois mouvements. Ce que réussit à faire tout d’abord , ICMA de l’artiste de l’année, dans un premier mouvement du concerto n°3 de Prokofiev énergique et subtil à la fois, avant que le lauréat du jeune artiste de l’année, le pianiste , n’impressionne toute l’assistance avec une Danse macabre de Liszt d’une maturité et d’une complétude qui ne porte pas le jeune âge de son interprète, assurément un pianiste à suivre. Encore plus jeune est le , représentant ce soir la fondation Albenitz récompensée pour le site de musique classique www.classicalplanet.com, qui joua le seul final du triple concerto de Beethoven, qui tomba ainsi un peu comme un cheveu sur la soupe, ce qui ne facilita sans doute pas la tâche de ces jeunes instrumentistes. Et c’est la soprano , lauréate pour son récital vocal chez Orfeo mais aussi déjà superbe Tatiana pour l’Eugène Oneguine amstellodamois dirigé par Mariss Jansons (diffusé sur les chaines musicales et disponible chez OpusArte) qui conclut en beauté la soirée avec une enflammée scène de La lettre qui fit un triomphe auprès du public présent à cette fort belle soirée. Bravo à tous les lauréats et rendez vous pris pour l’an prochain, cette fois à Milan pour la remise des trophées ICMA 2013.

Crédits photographiques : Marc Roger/ONPL