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Rentrée beethovenienne pour La Monnaie de Bruxelles

Pour son premier concert d’abonnement au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, l’ proposait une belle soirée Beethoven sous la direction de , l’un des piliers des saisons du théâtre bruxellois.

Le programme se permettait même, au milieu de tubes, d’offrir une rareté : l’intégrale de la musique de scène d’Egmont de Beethoven dont le sujet s’avérait éminemment  local avec l’histoire tragique du comte d’Egmont, personnage de l’Histoire des Pays-Bas, décapité sur la Grand-Place de Bruxelles.  Réputée ingrate, à l’exception de sa brillante ouverture, cette musique n’a que très rarement les honneurs de la scène. En effet, la succession bigarrée de brefs numéros et l’absence de trame dramatique en font un défi pour l’attention du public. parvenait à cerner l’esprit de chaque « épisode » avec la justesse stylistique et la force théâtrale requise. L’orchestre de La Monnaie, très concentré et appliqué, se montra particulièrement homogène. Star des scènes allemandes, la soprano , était une invitée de grand luxe, pour interpréter les deux brèves arias de la partition. Son timbre séduisant et son intonation parfaite étaient au service de l’esprit de ces deux courtes interventions. Acteur autrichien réputé, était un récitant absolument parfait dans sa diction. Il n’empêche, malgré cette affiche de haut vol et une interprétation de top niveau, l’intégrale de cette musique reste très conceptuelle, en particulier au concert.

En première partie, le pianiste , l’un des chouchous du public bruxellois, affrontait le Concerto n°5 l’Empereur. Sa technique et sa puissance de toucher sont au service d’une lecture spectaculaire et étincelante, peut être unilatérale dans son côté brillant (on pense au pianisme d’un Leon Fleischer de la grande époque), mais la cohérence de cette vision était inébranlable.  Jérémie Rhorer se révéla un accompagnateur attentionné à la tête d’un orchestre de la Monnaie brillant, en particulier dans les envolées du dernier mouvement.

En introduction, le chef et les musiciens se confrontaient à la puissante ouverture de Leonore n°III, bien que cernée avec justesse par le chef, la partition souffrait d’être prise à froid, en début de concert.

Il n’empêche, ce beau concert, mené par un chef inspiré et un orchestre volontaire, annonce une saison bruxelloise prometteuse du côté de La Monnaie.