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Suite de l’intégrale germano-norvégienne de la musique orchestrale de Grieg

La musique d’, plus d’un siècle après sa dispariton, demeure avec constance une musique accueillante. Pas de pages prétentieuses, pas de recherche de l’inédit, pas d’ego surdimentionné. Largement inspiré par le retour en grâce de la musique folklorique norvégienne et par l’amour retrouvé de la littérature nationale ancienne, le maître de Troldhaugen aura sa vie durant œuvré à la reconnaissance et à la diffusion d’une part majeure du legs culturel de sa patrie bien aimée. Et bien souvent, à l’écoute de sa musique, l’auditeur se trouve délicatement conduit aussi bien vers les rythmes endiablés des danses populaires que dans une mélancolique rêverie jamais déplacée, jamais ostentatoire.

Audite vient de mettre à disposition le troisième volet des œuvres orchestrales de Grieg (lire nos chroniques du volume 1 avec les Suites de Peer Gynt) et volume 2 avec la Suite Holberg). Tâche confiée et menée à bien par l’Orchestre symphonique de la Radio de Cologne qui, depuis sa création en 1947, juste après la fin du second conflit mondial, a vu se succéder des chefs de grand talent et de grande réputation comme Christoph von Dohnányi, Zdenek Macal, Semyon Bychkov, sans oublier Fritz Busch, Erich Kleiber, Otto Klemperer, Karl Böhm, Karajan, Solti, Previn, Maazel, Abbado, Mehta…

Pour poursuivre le projet Grieg, on retrouve , chef norvégien certes moins prestigieux mais intimement proche de l’âme de son pays, minutieux et scrupuleux, authentique et rutilant, dans cette livraison d’une tenue et d’un allant supérieurs aux deux premiers volumes. L’Ouverture de concert, « En Automne » (1886/1888) rappelle que le champion de la miniature maniait fort habilement le grand orchestre et était capable de se hisser à un niveau impressionnant (perceptible surtout au concert) sans atteindre les plus hautes cimes cependant. Moins européenne, moins germanique, la Suite lyrique, un arrangement pour orchestre de 1904 de quelques-unes des Pièces lyriques pour piano (1891), nous plonge simplement dans l’atmosphère rudimentaire des gens du Nord mais avec une force poétique incroyable. Le reste du programme ne manque pas de panache, de virtuosité, d’atmosphères, oscillant entre déchaînements orchestraux contrôlés et songeries pacifiques. Un beau Grieg assurément.

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