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La Norvège selon Delius et Sir Andrew Davis

Certains hausseront éventuellement les épaules mais nous l’affirmons : a laissé de très délicates et atmosphériques partitions. Britannique longtemps installé en France, il fut fasciné par la majestueuse géographie et la culture rurale norvégiennes qui lui inspirèrent de fines musiques. Il parlait la langue avec ses amis musiciens et compositeurs Christian Sinding et John Halvorsen et le violoniste Arve Arvesen. Ces derniers ne manquèrent pas de l’introduire auprès du plus célèbre d’entre eux, Edvard Grieg, dont il plaçait la musique au Panthéon de ses préférences. Bien sûr, l’auteur de Peer Gynt, du Concerto pour piano en la mineur et d’innombrables chansons et miniatures pour piano exerça une profonde et durable influence sur ses contemporains et en particulier sur bien des pages du catalogue de Delius.

A Paris, ce dernier fréquenta régulièrement la petite communauté scandinave qui comptait également dans ses rangs le peintre norvégien Edvard Munch et l’écrivain suédois August Strindberg. Par leur intermédiaire, il rencontra et épousa  en 1903  le peintre Jelka Rosen. Régulièrement il se rendit en Norvège dégustant sans modération la beauté tranquille ou tourmentée des paysages et la présence chaleureuse de ses amis artistes.

L’, dont l’histoire remonte à 1765 et dont Grieg fut le directeur artistique entre 1880 et 1882, prend en charge cet héritage prestigieux et rend hommage aux musiques scandinaves inspirées à Delius. Grieg lui inspira une délicate orchestration de la célèbre Procession nuptiale norvégienne vingt ans après sa conception située en 1869-71. Plus personnels sans doute, le mieux connu Sleigh Ride (Nuit d’hiver de 1887) et Folkeraadet (Le Parlement du peuple), musique de scène datant de 1897. Ces partitions, tout comme le sublime On Hearing the First Cuckoo in Spring (1912) et Eventyr (Récits d’aventures), 1915-1917  délivrent une atmosphère presque toujours en demi-teinte, vaguement impressionniste, confectionnée sur une longue rêverie idéalisée, pacifique, admiratrice de la nature, fortement attachée à la notion de contemplation.

Pour finir, signalons la prestation très réussie de la soprano norvégienne dans les chansons n° 3 et n° 7 issues des Sept Chansons norvégiennes (1889-1890). L’ensemble, cohérent et parfaitement mis en place, doit en particulier au travail de Sir , l’admirable chef anglais qui signe ici son quatrième volume Delius, les trois précédents forts réussis avec avec les orchestres d’Ecosse et de la BBC.  Pour en savoir plus sur le destin de et de sa musique, nous conseillons la lecture de la biographie  de Jérôme Rossi (Editions Papillon, 2010) et sur ResMusica.com notre Frederick Delius et la Scandinavie mis en ligne en avril 2012.

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