Andrew Davis fête Paris!

À emporter, CD, Musique symphonique

Frederick Delius (1862-1934): Brigg Fair: An English Rhapsody ; Concerto pour piano en ut mineur (version originale) ; Idylle de Printemps ; Paris: The Song of a Great City. Howard Shelley, piano. Royal Scottish National Orchestra, direction : Sir Andrew Davis. 1 CD Chandos CHAN10742, code barre : 0095115174227. Enregistré au Henry Wood Hall, Glasgow, 20-22 décembre 2011. Notice d’Andrew Burn (anglais, allemand, français). Durée : 75’27

 

On n’arrête plus dans sa reconquête discographique de la musique de  ! Après Appalachia et The Song of the High Hills suivis des 3 concertos pour violon et violoncelle avec Tasmin Little et Paul Watkins, tous enregistrements de référence, sa troisième livraison apporte de nouvelles pépites, même si la concurrence avec Thomas Beecham est cette fois plus marquée.

Choix délibéré ou hasard de la mise en page, la pochette ne donne pas les œuvres dans le même ordre que dans l’album. La couverture met en avant le Concerto pour piano suivi de Paris, Idylle Printemps et Brigg Fair, et c’est précisément notre ordre décroissant de préférence pour ces interprétations, alors que l’album s’ouvre sur Brigg Fair et conclut par Paris.

Le Concerto pour piano est une œuvre de jeunesse sous l’influence marquée de Grieg et de Liszt, composé en 1897. A l’exception d’un Benno Moiseiwitsch dynamique dirigé par Constant Lambert à la tête du alors tout récent Philharmonia en1946 (Naxos) et peut-être d’un Clifford Curzon démonstratif (accompagné par John Pritchard- BBC Legends), la discographie de ce concerto était peu convaincante, marquée par l’ennuyeux (Piers Lane accompagné par Vernon Handley, EMI), le tape-dur (Jean-Rodolphe Kars avec Alexander Gibson, Decca) ou le pachydermique (Betty Humby Beecham accompagnée par Thomas Beecham, Naxos). Avec , on tient enfin une interprétation qui a du panache et s’inscrit dans la grande tradition pianistique romantique sans paraître épigonale, le tout servie par un grand son.

L’autre réussite majeure du disque est Paris, dont les précédentes gravures souffraient soit d’un son qui contraignait trop les dynamiques (Beecham avec le London Philharmonic avant-guerre, et avec le Royal Philharmonic Orchestra après-guerre, Naxos), soit d’interprétations manquant d’énergie (Myer Fredman – Naxos ; Mackerras – EMI ; Vernon Handley – EMI ; Anthony Collins – Decca). fait rayonner et étinceler cette musique d’inspiration straussienne, et l’orchestre fait preuve d’un engagement individuel et collectif qui donne ses lettres de noblesse à cette partition dont les orchestres parisiens pourraient avantageusement se saisir.

L’interprétation de la ravissante Idylle Printemps créée en 1995 par David Llyod-Jones est plus opulente que la version que ce chef a laissé chez Naxos, mais on pourra préférer la fraîcheur que David Lloyd-Jones imprimait dans cette oeuvre.

La relative déception de ce disque vient de Brigg Fair, la seule œuvre de maturité de Delius proposée ici, qui manque de la légèreté, du grain de fête peuple et canaille qui parcourt cette œuvre en filigrane. Beecham ici garde son sceptre bien en main (Coffret English Music EMI), et si Andrew Davis n’est pas parvenu à le détrôner, on se demande qui pourra défier le vieux maître dans cette oeuvre. Bo Holten peut-être ?

Quoiqu’il en soit, Paris et le Concerto pour piano suffisent à marquer cette publication d’une pierre blanche.

Orchestre national royal d’Écosse

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