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Les Capulets et les Montaigus à Bastille

Quel extra-terrestre n’a-t-il jamais entendu parler des Capulet et des Montaigus de l’Opéra Bastille, dont voici la cinquième reprise ?

Qui n’a au moins lu, faute de l’avoir vue, l’accueil favorable réservée chaque fois à la jolie mise en scène de , qui n’a pas pris une ride en dix huit ans ? Et que va-t-on pouvoir écrire de neuf à son sujet, si ce n’est répéter que, toujours un peu statique (mais il faut avouer que l’œuvre l’est aussi) dotée de peu d’accessoires, elle joue sur des contrastes de noir et rouge pour délimiter les camps rivaux, avec surtout de très esthétiques effets de lumière ?

On se reportera donc sur la distribution, entièrement nouvelle. Pour remplacer à la dernière minute Ekaterina Siurina initialement pressentie, l’Opéra de Paris n’est pas allé chercher bien loin, en confiant le rôle de Giulietta à , issue de l’Atelier Lyrique et prochaine Eurydice au Palais Garnier. Le timbre est perlé, l’intonation sûre, quoiqu’un peu confidentielle, l’interprétation sensible, très probablement un nouveau talent en pleine éclosion.

Le Romeo de lui donne une réplique irréprochable, avec une tessiture égale sur toute la longueur, dont notamment de très beaux graves, une science infaillible du bel canto, et dont le chant dégage une émotion extraordinaire. Les timbres des deux cantatrices se marient d’autre part extrêmement bien, mais elles partagent aussi hélas un léger manque de puissance pour le grand vaisseau de Bastille, parfois couvertes par l’orchestre.Qu’est-il arrivé à  ? Sa voix est devenue sombre, sans rayonnement, quasi-barytonale. Méforme passagère ? est quant à lui un impeccable Capellio. connait son Bellini sur les bout des doigt, et mène l’ensemble à bon port, avec élégance.

Malgré les nombreuses satisfactions de la soirée, le nombre de sièges vides nous fait nous demander si cette reprise, une en moyenne tous les trois ans, pour laquelle on a souvent proposé de grands noms au public parisien (Netrebko, Ciofi, Didonato, Kassarova, Swenson…) n’est pas celle de trop, et ne témoigne pas de nouveau de l’essoufflement de la programmation de l’Opéra de Paris.

Crédit photographique : Ch. Pelé / Opéra national de Paris

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