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La Scala di seta, un hilarant Rossini au TCE

Présentée sous forme de concert, cette farse en un acte affiche tous les éléments propres à un intrigue comique : un mariage secret, un serviteur maladroit, un rival ridicule, une belle ou mieux encore deux et bien évidemment un patron qui ne se doute de rien. De modeste durée, La Scala di seta alterne beaucoup d’airs d’agilité et quelques récitatifs qui rappellent ici là l’influence de Mozart. Dans le respect de la tradition théâtrale, Rossini établie l’intrigue autour du couple soprano/ténor auquel se mêle un autre couple mezzo-soprano/baryton.

Mis à part l’ouverture qui débute avec une fausse note aux cors, tout est impeccable. La très bonne diction des chanteurs, du baryton dans le rôle de Germano en particulier, rend le livret parfaitement intelligible. Ce dernier, à l’aide d’une excellente articulation et d’une verve extraordinaire, récrée une ambiance autant détendue qu’exhilarante. Avec ses gags il tire dans son jeu le chef d’orchestre et le chef de chant dans un crescendo de situations paradoxales et comiques. , dans le personnage de Dorvil, est quant à lui, vocalement bien placé mais moins expressif dans le rôle de l’amoureux. Cependant, l’air Ah, se per te m’accendo, suscite dans le public beaucoup de succès.

Les interprétations masculines, y compris celle de (Blansanc), séducteur maladroit et très ironique, sont en général mieux réussies par rapport aux personnages féminins. L’absence de Desirée Rancatore, annoncée à la veille de la représentation, est comblée par à laquelle on ne reproche rien sinon un petit manque d’esprit.

Quant à l’orchestre, il accompagne les chanteurs et intervient de façon irréprochable. vise à la légèreté sonore. Son choix de tempi est très approprié ; sa direction dynamique, son geste clair et efficace. De plus, le savoir faire et le sourire qu’il ne cesse d’afficher inspire beaucoup de sympathie.

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