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À Notre-Dame, puissance et sobriété avec MacMillan et Fauré

À Notre-Dame de Paris, nous avons assisté à la première des deux soirées associant l’intensité foisonnante d’une oeuvre contemporaine, le Credo de MacMillan, et la sérénité lumineuse du Requiem et du Cantique de Jean Racine de Fauré. 

À la baguette, dirigeait tout à la fois l’, le baryton-basse , le Chœur d’enfants et le Chœur d’adultes de la .

En ouverture, le magnifique Cantique de Jean-Racine, œuvre de jeunesse de et véritable canon du répertoire vocal semble malheureusement exécuté de manière un peu rapide et sans beaucoup de nuances ni de crescendo. Est-ce une manière de rester fidèle à sa simplicité canonique, à sa beauté janséniste ? À vrai dire, la réserve vient aussi du fait qu’en terme de volume et d’intensité, le chœur était légèrement en retrait par rapport à l’orchestre à tel point qu’on se demande s’il était entendu correctement aux derniers rangs du fond de la cathédrale comble.

L’œuvre de MacMillan, Credo, sera la découverte de la soirée, tranchant avec la sobriété des œuvres de Fauré entre lesquelles elle vient s’intercaler par sa puissance, son intensité, son foisonnement parfois orageux. À la fois novatrice et accessible, elle mêle des sonorités contemporaines avec des harmonies plus traditionnelles. L’impression qui s’en dégage est globalement très convaincante et même parfois enthousiasmante sous la direction de , visiblement familier de cette composition. On connaît d’ailleurs l’engagement du chef américain pour faire vivre la musique sacrée contemporaine à travers son organisation Soli Deo Gloria. De ce Credo encore très récent et rarement joué, on retiendra notamment certains passages de la partie centrale Filius où deux violons altos viennent accompagner les voix dans un superbe entrelacement.

Enfin, le Requiem de Fauré, donné dans son orchestration initiale pour effectif de chambre, a pris une couleur particulière grâce aux voix d’enfants. Le rendu est magnifique avec un très bel équilibre entre l’orchestre, magistral, et les chœurs tout en grâce et en délicatesse. Un mot des solistes : Matthew Brooke est impeccable sans en faire trop, mais le moment le plus mémorable restera peut-être le Pie Jesu chanté par un soprano féminin du chœur d’enfants. La jeune soliste avait visiblement un peu le trac, mais sa voix extrêmement belle et sa justesse parfaite ont produit quelque chose de très émouvant.

On garde au final une belle impression de cette soirée, heureux d’avoir pu à la fois découvrir une œuvre singulière de MacMillan et apprécier un Requiem de Fauré dans toute sa beauté.

Crédits photographiques : John Nelson © Marco Borggreve