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Lucia inaugure avec succès le mandat de Benjamin Pionnier à Tours

Les débuts de , nouveau directeur musical de l’Opéra de Tours et de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire, étaient très attendus. Avec ces représentations de Lucia di Lammermoor, nous pouvons affirmer qu’il aura fait l’unanimité.

Ce n’était en effet pas une mince affaire que de succéder à Jean-Yves Ossonce qui, de 1999 à 2016, a profondément marqué l’histoire de la maison. n’a donc pas pris de risque en choisissant un titre aussi célèbre et enthousiasmant que Lucia di Lammermoor et en faisant appel à deux chanteurs qui mènent une brillante carrière internationale. Malheureusement bien plus sollicité à New-York et à Vienne qu’à Paris, fait forte impression par la beauté du timbre, la franchise de l’émission, la qualité du phrasé, la puissance de l’instrument et la netteté des aigus. Le ténor dégage aujourd’hui une impression de facilité qui est le privilège des plus grands, sa prestation culminant au 3e acte avec un irresistible Tu che a Dio spiegasti l’ali. évolue sur les mêmes hauteurs avec une voix désormais arrivée à pleine maturité. Familière d’un rôle qu’elle a déjà interprété sur de nombreuses scènes – de Tokyo à Zurich -, elle suscite immédiatement l’enthousiasme du public. L’instrument, homogène et coloré, se déploie avec facilité, l’approche vocale est pétrie d’intelligence musicale, la technique sans faille et l’aigu très sûr.  L’air de la folie conclut magistralement une interprétation de grande classe.

affiche une voix saine et sonore ainsi qu’une présence scénique qui donnent du poids à Enrico mais sur la plan de l’adéquation stylistique comme de la flexibilité vocale, il reste en retrait de tels partenaires. Solide pilier de la scène lyrique française, confère profondeur et noblesse à Raimondo aux côtés de seconds rôles simplement corrects. La production, déjà vue à Marseille et Avignon, est avant tout illustrative mais bénéficie des beaux costumes de Katia Duflot et des éclairages inspirés de Roberto Venturi ; la direction d’acteurs en particulier peine à sortir de la convention. A la tête d’un orchestre toujours aussi discipliné et généreux de sonorités, où s’illustre particulièrement la harpiste Adeline Giquet de Preissac, Benjamin Pionner séduit par une lecture qui fait rutiler la partition tout en sachant la laisser respirer lorsque cela est nécessaire. Les choix de tempi sont judicieux et l’attention portée aux chanteurs permanente. Examen réussi également pour le nouveau chef des chœurs, Alexandre Herviant, qui obtient de ses troupes un résultat précis et efficace.

Crédit photographique : Désirée Rancatore (Lucia) © Marie Pétry

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