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Hommage à Violette Verdy avec une soirée toute balanchinienne

En hommage à , étoile du où elle a dansé 18 ans auprès de Mr B., le programme de la soirée a été enrichi pour les cinq premières représentations de Sonatine, ballet chorégraphié par Balanchine pour Violette.

Cette soirée Balanchine est placée sous le signe des hommages. Hommage à , danseuse emblématique et première femme à avoir occupé le poste de directrice de la danse de l’Opéra de Paris, qui nous a quittés en février dernier. Hommage musical de Tchaïkovski à son « dieu », Mozart, dans la suite Mozartiana. Hommage à George Balanchine lui-même à qui une soirée entière est consacrée. Et enfin, n’a pas manqué d’inaugurer la soirée avec un mot à la mémoire d’une autre grande danseuse, Yvette Chauviré, décédée le 19 octobre 2016 à l’âge de 99 ans.

Cette soirée, très riche chorégraphiquement et musicalement, est à la hauteur de ces multiples hommages. Les quatre pièces présentées témoignent de l’évolution de Balanchine, du plus pur classique à ce qu’on a appelé le style néoclassique. Elles s’accordent pour illustrer le raffinement et l’élégance de la technique de Balanchine, et mettre en évidence le lien viscéral entre sa danse et la musique. Chaque pièce est autant un plaisir pour les yeux que pour les oreilles.

Le répertoire de l’Opéra s’est enrichi de Mozartiana, une pièce à la technique subtile, baignée dans une atmosphère surannée. , excellente interprète de Balanchine, ne semble toutefois pas entièrement à son aise, tout comme son partenaire qui manque parfois de précision. Artus Raveau, en revanche, excelle dans le travail de petite batterie et le jeu du bas de jambe, qui évoquent parfois la danse baroque.

Avant d’entamer Sonatine, un court film réalisé par Vincent Cordier est consacré à Madame Verdy. C’est avec beaucoup d’émotion que l’on voit danser Violette Verdy, muse à la grâce intemporelle. On la voit également donner ses cours à l’Opéra de Paris, plus âgée mais pleine d’entrain, de joie et d’amour pour son art.

Sonatine, courte pièce d’une quinzaine de minutes, est un vrai petit bijou, magistralement dansé par , qui reprend avec panache le rôle créé pour Violette Verdy. Le couple Ould-Braham/Heymann virevolte autour du piano installé sur scène, comme avant d’aller à un bal. Raffinement, élégance et sensualité caractérisent cette pièce, qui s’enchaîne comme une respiration, le temps d’un rêve.

C’est un plaisir renouvelé de voir le Brahms-Schönberg Quartet, entré au répertoire de l’Opéra en juillet dernier. La pièce, divisée en quatre mouvements, est portée par les accents somptueux de la musique de Brahms. rayonne dans l’Intermezzo, et forme un beau couple avec . L’Andante est interprété par et , puissant et aérien dans l’enchainement de grands sauts. Dans le Rondo final au rythme endiablé, on retrouve au sommet, mutine, vive et musicale, et Karl Paquette, réjouissant de brio et d’entrain.

La soirée se conclut avec Violin Concerto, sur la musique de Stravinsky. Ici, finis les robes de bal et les collants blancs. On aborde le style néoclassique caractéristique de Balanchine et les fameuses chaussettes blanches sur collants noirs. Cette pièce est étonnamment acrobatique, certaines figures relevant plus du vocabulaire de la gymnastique que de la danse. et dominent magnifiquement cette technique complexe et incroyablement moderne. Elles forment un quatuor complice avec et Karl Paquette.

Une soirée complète donc, qui permet de mesurer toute l’étendue du génie de Balanchine, le remarquable travail qu’il accomplit sur la musique et son art de mettre en valeur les femmes.

Crédits photographiques : Mozartiana ; Sonatine © Sébastien Mathé/Opéra de Paris.

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