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Les belles lignes de Jiří Kylián par le Ballet de l’Opéra de Paris

Avec Symphonie de Psaumes, confie l’une de ses pièces majeures au répertoire du . Un chef d’œuvre à revoir dans une soirée entièrement consacrée au chorégraphe, complétée par Bella Figura et Tar and Feathers.

Les belles lignes de par le Ballet de l’Opéra de Paris

Symphonie de Psaumes est une pièce cathédrale, à l’instar des autres chefs d’œuvre de Stravinsky qui ont inspiré les ballets les plus marquants du XXème siècle : Noces ou Le Sacre du Printemps. Dans un vaste espace délimité par des chaises d’église alignées en bordure de scène et un mur de tapis d’orient, la scénographie conditionne les déplacements des danseurs, qui restent en scène tout au long du ballet. Fluidité et lyrisme des mouvements font écho à l’austérité du décor et à la profonde spiritualité de la musique. Les danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris, à commencer par , s’approprient ce langage qu’ils connaissent bien. Ils démontrent une noblesse dans les lignes et une puissance dans les parcours qui s’enchaînent, formant les mots d’une prière soutenue et intense, mais jamais implorante. Tous les danseurs y sont remarquables…

La soirée avait aussi commencé sous le signe d’une noblesse teintée d’impertinence avec Bella Figura, entré au répertoire de la compagnie en 2001. Si le XVIIIème siècle nous était conté par Jiří Kylián, il prendrait la figure de ces pages d’esprit, délicatement tournées. Séquence après séquence, en justaucorps sur fin collant noir ou en jupe à paniers de soie écarlate, les danseurs déploient un vocabulaire gestuel subtil et sophistiqué. Les lignes sont belles, élancées. On aime le LENTO qui ouvre le ballet, avec et , puis l’ANDANTE avec et Alexis Renaud. Un autre ANDANTE permet à une étonnante de les rejoindre, en poupée articulée, soutenue par . Ils clôtureront dans le silence ce ballet qui joue du clair-obscur et découpe l’espace scénique à coups de grands pendrillons noirs.

Place ensuite à Tar & Feathers, littéralement du Goudron et des Plumes, allusion aux humiliations publiques qui avaient cours au Far West. Déroutante, avec son piano aérien et son plastique à bulles, ses figures « grotesques » et son anticonformisme, cette pièce entre, elle aussi, au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. En noir et blanc, elle explore l’opposition entre pesanteur et légèreté, entre lumière et obscurantisme. La pianiste Tomoko Mukaiyama, juchée à plusieurs mètres du sol, semble en apesanteur, qu’elle joue Mozart ou qu’elle improvise en direct. Là encore, est audacieuse et sensible, à l’image de ces cinq partenaires. Une soirée pleine de surprises !

Photos : © Ann Ray / Opéra national de Paris

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