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Raretés italiennes par Riccardo Chailly avec le Filarmonica della Scala

, maître de la Scala depuis deux ans, continue ses recherches de pièces oubliées ou composées dans leurs versions initiales par les grands maîtres du romantisme.

Il avait déjà fait de telles prospections pour Decca avec son Gewandhausorchester de Leipzig dans Mendelssohn ou Schumann (avec les retouches de Mahler pour les symphonies de ce dernier), puis avec Puccini où l’on pouvait trouver pour la première fois au disque la fin de Turandot dans la version Berio et non celle d’Alfano, fin que l’on entend à nouveau dans le DVD/BR récemment paru de la Turandot milanaise de 2015, avec le chef en fosse.

Après un nouvel album de Préludes et Ouvertures de Verdi enregistré en 2013, Chailly revient en 2017 avec une nouvelle proposition en travaillant cette fois sur les compositeurs ayant marqué le Teatro alla Scala au XIXe siècle. La première pièce se veut une fausse découverte en s’appelant Ouverture d’Il finto Stanislao (en réalité le second nom de l’opéra Un Giorno di regno), mais bluffe par sa dynamique et sa légèreté, celle donnée à un Verdi encore imprégné de Rossini, compositeur retrouvé trois pistes plus loin dans l’Ouverture de La pietra del paragone.

Un superbe premier violon développe la seconde pièce, le Prelude du trio de l’acte III de la version initiale d’I Lombardi, où l’orchestre montre la grâce de ces cordes dans le geste lyrique appliqué par le chef milanais, une grâce retrouvée dans la harpe et les cuivres de l’Ouverture d’Ugo, conte di Parigi de Donizetti en piste 5. La troisième pièce (sur quatorze) achève de nous convaincre, tant le soin donné à l’Introduction de l’acte III de La Wally de Catalani est impressionnant, peut-être trop jouée à la façon d’un adagio mahlérien, mais sans que cela ne soit reprochable par rapport à l’époque de composition, 1892.

Des autres morceaux marquants de ce CD, citons le Prélude de l’acte II de Siberia de Giordano, compositeur récemment remis en avant à La Scala avec la rareté La Cena delle Beffe plutôt que son habituel Andréa Chénier, et en piste 8 le magnifique Intermezzo de la version liminaire de Madama Butterfly, servant à lier les deux parties de l’acte II devenues plus tard deux actes distincts, cette version ayant été présentée à la Scala en décembre 2016 par le chef milanais. La Danse des Heures de Ponchielli pourra sembler un peu longue comme les extraits d’I Medici de Pagliacci, moins passionnants que le Prelude de l’acte IV d’Edgar de Puccini, ces deux parties étant toutefois mieux dirigées ici que sous la baguette de Veronesi pour DG dans les deux intégrales de ces opéras.

Au final et malgré un ensemble de pièces disparates liées entre elles seulement par l’histoire musicale italienne (et quelle histoire !), on ne peut que recommander ce nouvel enregistrement, à connaître rien que pour le Prelude de La Wally !