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INITIO, une œuvre à écouter sans la voir

Diplômés du CNSMD de Paris, et ont conçu INITIO, un opéra de poche pour voix et chœur. Ambitieux, ce projet largement coproduit et créé dans le cadre de l’année France-Colombie, rate son objectif.

Il faut du culot pour concevoir et mettre en scène un opéra contemporain dans une salle et devant un public dévolu à la danse. De culot, et n’en manquent pas.

L’œuvre inédite du jeune compositeur est dirigée au premier acte par depuis une niche astucieusement percée en fond de scène, puis au second acte, au centre même de la scène, parmi chanteurs, musiciens et danseurs. La partition du compositeur colombien, co-fondateur de l’ensemble de musique contemporaine Le Balcon, met particulièrement en valeur les deux chanteurs solistes, le contre-ténor et la soprano , dans un dialogue à distance, soutenus par un chœur discret et présent. Parfois utilisés comme figurants, les choristes de Calligrammes trouvent leur meilleure expression dans les cintres, comme un chœur d’anges.

La chorégraphe Tatiana Julien, en revanche, dessert l’œuvre plus qu’elle ne la sert. Sa mise en espace est inexistante ou maladroite. Quant à la chorégraphie, il n’y en a pas. Tatiana Julien ne peut bien écrire de la danse que pour son propre corps, soit un solo de cinq minutes au second acte. Pour le reste, elle fait confiance à et , danseuses très confirmées mais non dirigées, et deux danseurs médiocres, pourtant passés par le Junior Ballet du CNSMD. Les danseurs incarnent des personnages peu lisibles, censés illustrer le livret de l’opéra, signé Alexandre Salcède. Seul celui de la danseuse, subtilement représenté par , suscite de l’émotion et du sens.

L’ensemble forme un spectacle bancal et prétentieux, dont se détachent quelques pépites vocales. À écouter seulement les yeux fermés.

Crédit photographique : © Nina Flore Hernandez

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