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Nouvelle édition Emil Gilels : la période 1933-1963

Le label allemand Profil Medien publie une « Edition  » couvrant la période 1933-1963, et proposée à tout petit prix.

Le répertoire retenu se concentre essentiellement sur des compositeurs de l’époque baroque et classique (Allemagne, Autriche, Italie) et les disques proviennent d’enregistrements anciens de studio et de bandes de concert, surtout captées à Moscou. Sans être à proprement parler original (peu d’inédits), l’ensemble montre un pianiste qui fait preuve dès sa jeunesse de dons exceptionnels, élève successivement de Berta M. Reingbald puis d’Heinrich Neuhaus (il subjugue le milieu musical après sa victoire en 1933 à un concours de piano réunissant à Moscou des interprètes venus de toute l’URSS), des qualités qui participèrent à la construction de sa légende : facilités digitales, respect du texte (toute la musique, rien que la musique), expressivité qui semble couler de source, un style qui n’a pas prit une ride, même si les prises de son, notamment en concert, accusent leur âge.

On se délectera tout particulièrement des nombreuses miniatures, souvent des pièces de genre données en bis : arrangements, transcriptions de Loeillet/Godowsky, Bach/Tausig, Liszt/Busoni, Mozart/Busoni, Debussy/Borwick (« Fêtes »), mais aussi des sonates de , du Bach, du Rameau, du Schumann. Outre le répertoire soliste, ce coffret nous rend quelques enregistrements de musique de chambre, avec sa sœur la violoniste Elizaveta (Vivaldi, Haydn, en plus du Concerto Brandebourgeois n° 5 de Bach), mais aussi avec le flûtiste Alexander Korneyev (Haendel), des témoignages au charme certain malgré un style daté.

Figure par ailleurs quelques témoignages du fabuleux trio que Gilels forma avec le violoniste , qui deviendra son beau-frère et (Mozart, Haydn, Beethoven). Enfin, dans le répertoire concertant, à côté des cinq de Beethoven, assez connus, à Prague en live avec (n°1 et n°5), à Moscou également en concert avec (3e), le 2e et le 4e étant tirés d’un fameux cycle paru autrefois chez Columbia accompagné d’ (2e) et de , on trouve une vraie curiosité, rarement rééditée, la Fantaisie pour piano à quatre mains D.940 de Schubert dans un arrangement pour piano et orchestre plutôt kitsch que l’on doit à Dmitri Kabalevski.

Un coffret bien documenté qui ravira par sa variété et sa qualité les amateurs de vieilles cires, ou du moins ceux qui ne possèdent pas déjà les nombreuses rééditions consacrées à d’abord par Melodiya, mais aussi les majors (Warner Classics, Sony Music, Universal Music Classical), sans oublier les labels historiques (Doremi, Vista-Vera, Naxos Historical).

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