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Coffret « Berlioz rediscovered » par Gardiner

Il aura fallu attendre le 150ᵉ anniversaire de la mort du compositeur en 2019 pour que Decca nous rende enfin l’ensemble des gravures de Sir consacrées à l’œuvre d’, publiées à l’origine chez Philips.

Le label Philips a en effet eu la main heureuse avec et deux chefs anglais : tout d’abord Sir Colin Davis entre 1960 et 1993, puis grâce aux relectures décapantes de Sir , en particulier à la tête de son et de l’ à partir de 1987 : La Damnation de Faust (à Lyon, lorsqu’il était directeur musical de l’Opéra) puis surtout la Symphonie fantastique, la Messe solennelle, Harold en Italie et Roméo et Juliette. C’est tout ce parcours que nous propose Decca dans un magnifique coffret économique (mais sans les textes chantés).

La principale découverte du coffret se trouve sur le disque deux. Le parcours Berlioz de Gardiner débute en effet bien avant son contrat avec Philips mais pour les Éditions de l’Oiseau-Lyre en 1967 avec un disque de mélodies et de chœurs, en particulier l’œuvre de jeunesse Irlande, neuf mélodies sur des poèmes de Thomas Moore (1829) traduits en français par Thomas Gounet et Louise Swanton-Belloc. Une aubaine de pouvoir écouter ce cycle en entier, les enregistrements étant fort rares, La Belle Voyageuse exceptée. Les mélodies sont ici distribuées entre plusieurs chanteurs anglo-saxons, le chœur intervenant dans seulement trois d’entre-elles.

Beaucoup plus connues, les grandes pages orchestrales et la Messe solennelle, multi rééditées, sont des valeurs sûres, fondatrices dans la pratique du « historiquement informé » et qui restent intéressantes et surprenantes près de trente ans après leurs parutions. Dans le cas de la Symphonie fantastique et de la Messe solennelle, Decca nous gratifie par ailleurs en DVD des versions filmées dans la salle de l’ancien Conservatoire à Paris, lieu de la création de l’opus 14, et la Cathédrale de Westminster dans l’autre œuvre, découverte il faut le rappeler en 1992 à Anvers par l’organiste et chef de chœur belge Frans Moors.

Moins fondamentale, La Damnation de Faust enregistrée lors des concerts du 8ᵉ Festival Berlioz les 27 septembre et 2 octobre par les forces de l’Opéra de Lyon, vaut surtout pour la Marguerite d’Anne Sofie von Otter, mais n’éclipse en rien les enregistrements anciens d’Igor Markevitch ou même de Sir Colin Davis.

Un corpus berliozien historique, révolutionnaire à plus d’un titre qui peut figurer dans toute discothèque qui se respecte, et ce, malgré les quelques réserves.