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Marina Rebeka, une Violetta qui mérite le détour

Depuis dix ans déjà promène sa Violetta aux quatre coins du monde. Et ce n’est pas un hasard comme le confirme un nouvel enregistrement studio.

Heureuse  ! Grâce à son propre label elle peut enregistrer en studio l’un de ses rôles fétiches, privilège désormais bien rare pour les jeunes chanteurs lyriques. Et sa Violetta mérite décidément le détour. Vocalement, le rôle ne lui pose aucun problème ce qui, déjà, est un exploit. Crânement, elle affronte la virtuosité du premier acte (contre-mi bémol compris) pour déployer par la suite un médium étonnamment riche et un registre grave bien nourri. Elle a la force nécessaire pour les grands élans lyriques du deuxième acte et le sens des nuances pour les moments d’introspection. Manque seulement un brin de fragilité pour un final qu’on a connu plus émouvant ailleurs.

A ses côtés, est un superbe Germont père. Certes, il n’est pas un de ces interprètes qui vous font glacer le sang dans les veines. Voilà un bourgeois honorable, soucieux de l’avenir de sa famille, exposant ses craintes en de superbes cantilènes au légato soyeux. Et quelle facilité dans le registre aigu lui permettant même un contre si-bémol à la fin de sa cabalette !

, en revanche, laisse une impression mitigée dans le rôle d’Alfredo. Timbre plutôt raide à l’émission basse, voire engorgée, son chant manque de tout élan juvénile. Signalons néanmoins un art consommé de la demi-teinte – pas si fréquent parmi les interprètes du rôle.

Reste le cas de , chef allemand au répertoire bien vaste. Sobre et correcte, évitant soigneusement toute coupure traditionnelle, sa lecture est pourtant exempte de toute originalité. Est-ce pour cela que cet enregistrement, malgré les mérites de sa protagoniste, laisse finalement une impression un rien fade ?

 

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