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Christopher Park transcendant dans Liszt, Schubert et Brahms

signe un album renfermant des œuvres de , et , pour piano seul et avec orchestre.

La Fantaisie en ut majeur « Wanderer » fut composée pour piano en 1822 par Schubert, puis transcrite par Liszt pour piano et orchestre trente ans plus tard (publiée en 1868). Dans la version de ce dernier, cette œuvre fait penser à un concerto, tel qu’il l’a imaginé : sans véritable exposition orchestrale, flamboyante et impériale, mais aussi d’une grande délicatesse dans les thèmes lyriques. Son caractère grandiose est dûment mis en valeur par le toucher de , profond dans les graves, distillant des accents purs et marmoréens, exempt de dureté. Le soliste électrise par sa virtuosité pleine d’ardeur, notamment dans les traits en gammes descendantes et dans les trilles, et impressionne par sa fraîcheur, sa palette d’articulations comme par les contrastes dynamiques. Pour le côté « féminin » de cette exécution, nous apprécions sa subtilité dans les aigus, imprégnée de sonorités scintillantes, ainsi que la douceur des phrasés qui se parent de teintes pastel sous la direction de . Une nouvelle référence.

La Sonate pour piano n° 13 en la majeur D. 664 de , composée en 1819 ou 1825 (la date exacte est incertaine), trouve en Christopher Park un interprète oscillant entre intensité et poésie, entre rhétorique et simplicité, et refusant de s’abandonner à l’emphase. Cette sublime prestation semble nous faire percevoir toute la tendresse de l’écriture schubertienne, sa suavité angélique estompée par les sentiments humains, mais également ses détours, ses états d’inquiétude et d’agitation. En conséquence, le miel coulant du legato raffiné s’oppose par moments à la sécheresse des sonorités soulignant l’angoisse, comme dans le climax du premier mouvement.

Les Variations et fugue sur un thème de Haendel op. 24 de furent élaborées en septembre 1861 pour l’anniversaire de Clara Schumann qui en assura la création la même année à Hambourg. Leur thème est repris de la Suite pour clavecin n° 1 de l’auteur du Messie. Dans sa lecture, Christopher Park varie les nuances et les ambiances autant que possible. Tantôt brillante et lumineuse, tantôt immergée dans une obscure mélancolie, elle nous rappelle que Brahms fut un excellent coloriste, un peintre des états d’âme qui connaissait tous les recoins du clavier. Park séduit, ici, par l’habileté de son jeu comme par sa précision rythmique, par un toucher perlé autant que par sa capacité à chanter. Sous ses doigts, ces pages respirent naturellement et se parent d’allant et d’enthousiasme juvénile.

Cette nouvelle parution s’avère entièrement recommandable. Après un superbe disque Schumann-Stravinsky-Neuwirth et une réalisation dévolue à Schumann moins réussie car assez fade, Christopher Park se hisse de nouveau au sommet de son art. La prise de son, bien que variable, est des plus appréciables, plus spacieuse dans les Variations et fugue de Brahms.