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Francendanse, le ballet français à l’honneur au Théâtre des Champs-Élysées

C’est à une soirée exceptionnelle qu’ont eu la chance d’assister les spectateurs de Francendanse au Théâtre des Champs-Élysées, à l’initiative de Vony Sarfati. Pas moins de cinq grandes compagnies de ballet françaises se sont unies pour une soirée de pas de deux et solo, associant éclectisme dans le style et excellence dans l’interprétation, à l’image du ballet français.

Le a été la dernière compagnie à confirmer sa participation, mais a envoyé ses meilleurs ambassadeurs, les étoiles et , pour débuter cette soirée avec Trois Gnossiennes d’. Cet étonnant duo joue du contraste entre la ductile , qui alterne entre fluidité et tension et le superbe , partenaire exceptionnel de la ballerine. Accompagnés au piano sur scène par Elena Bonnay, ils transmettent le meilleur d’eux-mêmes, donnant le « La » à une soirée qui s’annonce d’exception.

représente le , dont la direction a été confiée depuis peu à , avec Period piece, un solo incandescent de Jan Martens qui vient juste d’être créé dans la capitale des Gaules. Il commence par un déboulé techniquement parfait qui suit chaque variation de la musique d’Henrik Gorecki. Dans le deuxième tableau, pendant lequel nous avons l’impression que la danseuse se produit pour chaque spectateur individuellement, la lumière se reflète dans les sequins de sa robe, créant un effet hypnotisant. Dans le troisième et dernier tableau, on jouit du contraste entre le concept assez minimaliste et l’interprétation très incarnée et très musicale de . Chapeau !

Changement radical de style avec Les Flammes de Paris, un pas de deux en tutu blanc et cocardes tricolores issu du répertoire russe et dansé par le Ballet de l’Opéra national de Bordeaux. Un beau et jeune couple de danseurs, et Riku Ota, incarne avec esprit et délicatesse ce duo révolutionnaire plein de chausse-trappe techniques et de virtuosité académique.


Place ensuite au avec un extrait en avant-première de Toulouse Lautrec, le ballet sur l’artiste peintre d’origine albigeoise qui sera créé le 4 novembre prochain à 18h au Théâtre du Capitole de Toulouse. a choisi de nous montrer le moment de la rencontre entre Jeanne Avril, danseuse de French Cancan, et le peintre, qui entretiendront une relation durable. Tendre et délicat, le duo offre beaucoup de profondeur d’interprétation à et Ramiro Gómez Samón, étoiles du .

Ce ne sont ensuite pas moins de six danseurs du Malandain Ballet Biarritz qui se succèdent sur scène dans Mozart à 2, trois pas de deux sur la musique de Mozart. On est frappé par l’incroyable contraste entre le corps puissant et musclé des danseurs et la silhouette fine des danseuses. C’est le cas pour les deux premiers duos, à l’écriture fluide pour les femmes et un travail du haut du corps très puissant pour les hommes. Tous partagent en revanche une grande musicalité et de l’humour dans la danse. À l’image du troisième duo, qui offre un superbe échantillon du savoir-faire du chorégraphe.

La soirée s’achève avec un impeccable pas de deux du Corsaire, dansé par , cabotine et redoutable de précision, et Ramiro Gómez Samón, qui déploie toute sa virilité dans les manèges de cette version chorégraphiée par , directeur du Ballet du Capitole.

Le salut final offre un plateau inédit rassemblant les étoiles, solistes et directeurs de ces grandes compagnies, qui ont tout fait depuis mai pour continuer à répéter et à danser, après les longs mois d’arrêt du confinement et malgré les lourdes menaces qui pèsent aujourd’hui avec le couvre-feu sur ces économies fragiles que sont les ballets et les maisons d’opéra.

Crédits photographiques : Opéra national de Paris ; © Olivier Houeix ; Ballet du Capitole © David Herrero ; Photo de Une Ballet ONB © Julien Benhamou

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