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Programme tout Schumann avec Samuel Hasselhorn et Joseph Middleton

Dans un programme déjà visité par d’autres avant lui, le jeune baryton allemand s’impose comme un des meilleurs Liedersänger de sa génération. Accompagnement de grande classe de la part de .

Le programme du nouvel album du jeune baryton allemand reprend en grande partie celui proposé il y a peu de temps par Christian Gerhaher et Gerold Huber. On y retrouve ainsi la totalité de l’opus 35 – le merveilleux cycle des Kerner-Lieder – ainsi que quelques extraits des Romanzen und Balladen opus 49. D’autres cycles et lieder relativement peu connus complètent un album à la programmation ambitieuse autant que généreuse : près d’une heure et demie de musique. Les qualités du jeune interprète, lauréat en 2018 du prestigieux Concours Reine Élisabeth de Belgique, sont fort nombreuses. Elles le destinent tout particulièrement vers une carrière de chanteur de lieder, répertoire pour lequel Samuel Hassenhorn ne cache pas, dans la déclaration d’intention qui figure dans la plaquette de présentation, de fortes affinités.

Si l’on fait le choix de le comparer à Gerhaher, il apparaît assez clairement que Hasselhorn ne fait pas partie de cette famille de Liedersänger hyper méticuleux et attentifs au texte, à la limite de la préciosité, dont s’était autrefois fait le fer de lance. C’est plutôt le naturel et la spontanéité de l’expression qui caractérisent les interprétations fixées sur ce disque. Cela n’empêche pas une grande variété de couleurs, ou le déploiement d’une palette dynamique tout à fait appréciable. Le jeune homme a des moyens conséquents – « Lust der Sturmnacht », « Stille Tränen », « Die beiden Grenadiere »… –, et l’on ne s’étonnerait pas de le voir triompher plus tard dans des emplois wagnériens ou verdiens, même s’il semble pour le moment se cantonner à la scène avec Mozart ou Rossini. Sa mezza voce est de toute beauté, il sait négocier avec art les pianissimi élevés de « Stirb, Lieb’ und Freud’ ! ». Les fascinants « Belsatzar » et « Die Löwenbraut », par exemple, montrent à quel point l’imagination musicale du jeune artiste sait se mettre au service de la narration et de la création d’un climat.

Déjà remarqué dans nos colonnes dans d’autres programmes, le pianiste compte désormais, aux côtés de ses devanciers , , Dalton Baldwin, et d’autres, parmi les grands accompagnateurs de langue anglaise. Son jeu souple et intense, attentif et imaginatif, contribue pour beaucoup à la réussite d’un album au programme a priori austère, mais riche de belles découvertes musicales.

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