Banniere-ClefsResmu-ok

Vers une intégrale Schumann avec Christian Gerhaher et Gerold Huber

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Robert Schumann (1810-1856) : Sechs Gesänge op. 107, Romanzen und Balladen op. 49, Warnung op. 119/2, Drei Gesänge op. 83, Zwölf Gedichte op. 35, Vier Gesänge op. 142. Avec Christian Gerhaher, baryton ; Gerold Huber, piano. 1 CD. Sony Classical 19075889192. Enregistré janvier et février 2017. Notice de présentation bilingue (anglais et allemand). Durée : 72:36

 

gerharer_6Consacré à quatre cycles peu connus, ce programme recherché et raffiné nous plonge dans l’univers à la fois feutré et vibrant du lied schumannien. et nous maintiennent sur les sommets.

Une des principales vertus de cet album entièrement consacré à Schumann réside tout d’abord dans son programme, conçu avec intelligence et originalité. Soucieux de respecter les choix éditoriaux du compositeur, c’est en effet dans leur entièreté que et nous proposent quatre cycles de mélodies de Schumann, et non des plus connus, tels que le compositeur les avait initialement conçus. L’auditeur en appréciera d’autant plus la forêt, tout en goûtant un à un les arbres reconnus au passage. Les célèbres « Die beiden Grenadiere », « Erstes Grün », « Stille Thränen » « Alte Laute », etc., immortalisés par tant d’interprètes, ont encore plus de pertinence lorsqu’ils se détachent de l’ensemble dont ils sont une partie constituante. Programme ardu, certes, intellectuellement ambitieux, mais qui comblera l’auditeur curieux d’approfondir sa connaissance de l’univers schumannien, toujours aussi complexe dans son exploration de la psychologie humaine, son rapport à la nature et sa tension entre le confinement intérieur et l’appel d’un extérieur inatteignable.

La lecture de Christian Gerhaher et de son comparse Gerold Huber rend idéalement compte de toutes ces ambiguïtés. Au raffinement extrême, presque précieux, de la diction, s’allie une ligne vocale d’une infinie simplicité qui confère à chacune de ces pages la couleur qui lui convient. Sur le plan de la plastique vocale, le baryton allemand semble capable des nuances les plus variées. Autant à l’aise dans les débordements exigés par « Lust der Sturmnacht » qu’avec le legato planant de « Stirb, Lieb’ und Freud’ » ou « Wer machte dich so krank », le chanteur nous ouvre les portes d’un imaginaire aux contours visiblement infinis. Le piano magistral de Gerold Huber, en aucun cas un simple accompagnement, est tout à fait à l’avenant.

Cet album se veut le premier d’une intégrale de lieder consacrée à Schumann. Intitulé « Frage » (Questionnements), il sera suivi à l’automne de cette année d’un volume appelé « Myrthen » (Myrtes) et qui réunira la soprano aux deux interprètes. Un coffret de 10 CD est prévu pour 2020. Il sera difficile de modérer son impatience d’ici là.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.