Avec son nouveau récital Divas d'Offenbach, et forte de la présence d'un complice de longue date en la personne d'Hervé Niquet, Véronique Gens s'amuse, séduit et joue avec cette musique pétillante.
Quand on évoque la chanteuse Véronique Gens, trois choses viennent immédiatement en tête : une grande interprète de notre répertoire lyrique national ; une diction irréprochable pour une intelligibilité du texte et du sens à son apothéose ; et son implication dans la redécouverte de pages musicales oubliées, portée notamment par sa collaboration avec le Palazzetto Bru Zane. Divas d'Offenbach pourrait finalement sembler assez convenu selon cette simple approche.
L'auditeur ne sera pas surpris de l'élégance malicieuse de l'interprète, impeccable dans sa conduite de la ligne de chant. Il est évident que Véronique Gens s'amuse (« Ah ! Qu'elle est fière », extrait de La Boulangère a des écus), séduit (« C'est pour aimer », extrait de Valéria) et joue (« Moi, je viens réclamer le divorce », extrait de Boule-de-Neige) sans complaisance. Même si ce chant est appréciable, on ne retrouve toutefois pas la fluidité et la légèreté sans pareille dont la regrettée Jodie Devos témoignait dans on album « Offenbach Colorature ».
L'auditeur peut aussi compter sur la finesse d'Hervé Niquet. A la tête du chœur et de l'Orchestre national des Pays de la Loire, le chef d'orchestre choisit une interprétation d'une souplesse agréable où clarté des lignes et rebond rythmique prévalent, dans un tempo allant qui ne fait pas obstacle à la sensibilité gracieuse et à la mise en lumière du raffinement orchestral du compositeur.
Les surprises viennent principalement de la programmation musicale, choisie avec soin et pertinence par Alexandre Dratwicki. Difficile de ne pas y intégrer les deux extraits de La Grande-Duchesse de Gérolstein (« Dites-lui » et « Vous aimez le danger ») tant elles ont fait les belles heures de la soprano, tout comme « Ô mon cher amant » de La Périchole. Ou encore de ressortir des cartons des pages d'œuvres lyriques célèbres comme l'air du rôle-titre de La Belle Hélène, « Un rêve, mon dieu, c'est un rêve, » où l'air de La Périchole « Regarde-le, regarde-moi » prévu pour remplacer le célèbre « Que les hommes sont bêtes ». Mais c'est une véritable découverte que nous offre ce disque avec des extraits d'ouvrages sortis de l'oubli tels que Valéria, Le Roman comique, La Boulangère a des écus ou Geneviève de Brabant.
Ces extraits d'opérette, d'opéra-bouffe, de féerie ou d'opéra-comique déploient une musique pétillante, pleine d'esprit et d'humour, que Véronique Gens et Hervé Niquet savent retranscrire par une complicité généreusement partagée.