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L’Ensemble Intercontemporain fête les 100 de György Kurtág

Sans le compositeur mais en présence de sa fille, l' a fêté en petit comité les 100 ans de György Kurtág au Studio de la Philharmonie de Paris. Dans un programme concocté pour l'occasion, des extraits de nombreuses pièces de l'artiste sont associés à ceux d'autres compositeurs hongrois.

Lors d'un concert joué en une heure trente sans entracte, l' fête le centième anniversaire de l'un des plus grands compositeurs encore vivants. Vu à Paris lors de la création française de Fin de Partie en 2022, n'est pas présent à la Philharmonie en ce début d'année 2026. Pour autant, cela n'empêche en rien à l'un des ensembles les plus proches de sa musique de lui rendre un bel hommage.

Dans un programme labyrinthique, beaucoup de pièces sont arrangées par rapport aux partitions d'origine, souvent pour deux ou trois instruments, dont le cymbalum ou la clarinette. Perpetuum mobile extrait de Játekok ouvre la soirée avec un jeux de glissandi très bien maîtrisé par le pianiste Sébastien Vichard. Puis le Jukälithian-Käjuthilian vient mêler pour une petite minute la clarinette d'Alain Billard à l'alto d'Odile Aubouin. Avant deux extraits des Tre pezzi, op.38, achevée dans un second temps, le cymbalum excellemment tenu par Aurélien Gignoux apparaît grâce à un arrangement de Joan Magrané pour cet instrument, clarinette et alto dans la première des Fünf Klavierstücke S.192 de Franz Liszt. Et comme souvent avec l'Intercontemporain, le style romantique est intégré dans la modernité, cette sensation ressortant aussi de l'interprétation par Renaud Déjardin du premier mouvement de la Sonate pour violoncelle seul, op.8 de .

La Partie II du concert est entièrement dévolue aux Kafka-Fragmente, dont une sélection de vingt est interprétée par le violoniste et la soprano . Initié de la coulisse, le n°1 voit entrer les artistes jusqu'à leurs pupitres, pour ensuite laisser libre court à une interprétation très maîtrisée. Sans faire part d'une grande ampleur vocale, la soprano rend justice aux extraits du chef-d'œuvre par un texte parfaitement récité et des intonations de voix très bien modulées. Sans passer par la partie II des fragments, l'interprétation se développe d'abord longuement sur la partie I pour s'achever avec l'avant-dernier fragment de le la partie IV, en forme de conclusion non définitive.

En Partie III du concert, les interruptions n'étant faites que des applaudissements du public et du changement des musiciens sur scène, on revient à la musique de Kurtág par le Ligatura Y pour trio à cordes de la pièce Jelek, játékok és üzenetek. Ensuite, d'autres extraits de cette pièce et de Játekok alternent avec quelques-uns des Quarante-quatre Duos de , transcrits pour d'autres instruments que les deux violons normalement prévus. En plein air du même compositeur permet de remettre en avant le piano seul de Sébastien Vichard, là où l'Étude 11 de György Ligeti lui accole violoncelle et cymbalum dans une inédite transcription des instrumentistes eux-mêmes.

Little Chorale tiré de Játekok permet dans une dernière transcription collégiale de faire jouer en même temps les six musiciens de ce concert, et de montrer leur énergie toujours intacte pour interpréter le très grand et à présent centenaire .

Crédits photographiques : © EIC

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