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L’amour plein de vie et de verve de Julie Roset

C'est un premier album récital décalé, rempli de la joie de chanter, de vie, d'espièglerie et d'enthousiasme de la soprano , qui nous est offert. Une programmation musicale originale autour des mélodies françaises, composée à quatre mains avec la pianiste , qui ne peut qu'enflammer celui qui si complaît. Une merveille.

L'Avignonnaise a finalisé ses études à la Juilliard School de New York, là où elle a travaillé plus précisément le répertoire foisonnant des mélodies françaises, se promettant ainsi que son premier album récital serait composé de La Fille aux cheveux de lin et de la Romance d'Ariel de , ainsi que du cycle des Chansons pour les oiseaux de . Finalement, sous l'impulsion de la pianiste , après Debussy, le second pilier de cette programmation musicale est l'inventive compositrice , plus connue pour ses ouvrages lyriques destinés à la jeunesse mais qui sait parer la voix adulte d'une musicalité expressive immédiate.

L'univers du conte de fées de La princesse au petit pois se compose ainsi d'une amusante espièglerie qui sied parfaitement à la jeunesse de son interprète, tout comme la gaieté libertine de L'inconstante proche du comique. C'est forte d'une technique irréprochable, d'un naturel enthousiasmant, et d'un second degré décapant que livre un Je t'aime ! étonnant. Cette troisième pièce d' condense assurément l'originalité de ce programme musical composé de mélodies françaises méconnues.

La jeunesse transparaît aussi dans la sélection des mélodies de Debussy, à l'image de La fille aux cheveux de lin d'une naïveté candide qui fait écho à celle du premier livre de Préludes que interprète avec une simplicité bien à propos. Julie Roset déploie avec une aisance naturelle de beaux aigus dans la mélodie En sourdine, s'amusant de la Fête galante, vocalisant à merveille dans la Romance d'Ariel.

Le cycle Chansons pour les oiseaux de s'exécute avec une multiplicité de nuances, la simplicité de la musique se mêlant à la profondeur d'interprétation des deux musiciennes. Rêveuses dans la musique épurée et limpide de (Pour calmer ma détresse), qui fait écho à la sobriété vibrante de (M'a dit amour), langoureuses dans la mélodie de (Languir me fais), Julie Roset et Susan Manoff ont su pertinemment équilibrer le badinage et la juvénilité de certaines pièces avec la mélancolie tendre que l'amour peut apporter, tout en maintenant les attraits de la jeunesse de la soprano qui s'est illustrée récemment sur la scène de l'Opéra-Comique avec Werther, et qui déploie ici un chant d'une authenticité touchante.

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