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Marie-Laure Garnier et Célia Oneto-Bensaid chantent l’espoir aux Musicales de Normandie

Dans le cadre des Musicales de Normandie, la soprano et la pianiste Célia Oneto-Bensaid, proposaient un émouvant récital centré autour du thème de la résilience, dans un programme alliant spirituals et mélodies françaises pour célébrer l’amour, la liberté et l’espoir d’un monde meilleur.   

s’est rapidement taillée une stature internationale dans des domaines aussi variés que la musique traditionnelle, classique ou encore contemporaine grâce à sa voix puissante et expressive associée à une présence scénique chaleureuse. Célia Oneto-Bensaid, reconnue pour sa technique irréprochable et sa sensibilité musicale « à fleur de peau » poursuit quant à elle, un parcours original sortant volontiers des sentiers battus. Dans ce magnifique programme intitulé « Song of Hope », mélodies françaises et spirituals se répondent au-delà des frontières et des époques.

Nés au sein des communautés afro-américaine réduites en esclavage dans les plantations de coton, les spirituals expriment une double dimension spirituelle et politique où la foi s’affirme comme une réponse à l’injustice et à la ségrégation, tandis que les mélodies françaises d’, de et de Maurice Ravel dévoilent une foi catholique profonde, fervente, mêlée de poésie. Si les spirituals anonymes comme “Walk Together Children”, “Ride on King Jesus”, “My good Lord Done been here”, “Nobody knows the trouble I’ ve seen”, “He’s got the whole world”, ou encore “He never said a mumbakin’word” et “Sometimes I feel a motherless child” disent un chant de douleur et de lamentation profondes, en revanche “The Gospel Train” ou “Wade in the water” nimbés d’une joie manifeste développent dans un rythme syncopé un intense et véhément espoir de libération…On admire ici le grain de la voix de autant que sa puissance au service d’une ample projection. On est séduit également par la souplesse de la ligne de chant, le swing et le legato sublime, mais on regrettera quelque peu des arrangements parfois un peu trop « savants » et des tempi abusivement lents qui pénalisent in fine l’impact émotionnel de ces chants de douleur et de combat.

Dans un saisissant contraste, « Le collier » et « Prière exaucée » extraits des Poèmes pour Mi de Messiaen traduisent une vision intime et mystique de l’amour conjugal qui s’inscrit dans une expérience spirituelle vécue comme une véritable action de grâces. Moins intime « Main dominée par le cœur », « Priez pour la paix » ou « les anges musiciens » de s’inscrivent entre légèreté, lyrisme et quête spirituelle dans un syncrétisme assez caractéristique du compositeur, à la fois moine et voyou. Là encore on apprécie la diction irréprochable et le phrasé délicat et élégant tout en nuances de Marie-Laure Garnier autant que la virtuosité pianistique de Célia Oneto-Bensaid qui s’affiche ici en véritable partenaire. On ne saurait oublier le climax émotionnel que constituent la poignante méditation « Laïla bi-Khna’an » de Verdina Schlonski (1905-1990) extraite des Images Palestiniennes, et la non moins bouleversante berceuse « Wiegala » de (1903-1944), compositrice juive assassinée à Auschwitz en 1944, qui conclut ce récital entre devoir de mémoire et espoir pour des temps meilleurs.

Crédit photographique : © Musicales de Normandie

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