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Amours de marbre et de chair, Fabien Touchard et Marie-Laure Garnier au Louvre

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Paris. Auditorium du Louvre. 30-V-2026. Indefinito. Fabien Touchard (né en 1985) : Poesia elettronica n° 1 (« Je n’aimais pas encore… », texte Saint-Augustin – Confessions), Poesia elettronica n° 2 (« I love the sensual… », texte Sappho), Poesia elettronica n° 3 (« Et son bras et sa jambe… », texte Charles Baudelaire – Cantique des Cantiques), Poesia elettronica n °4 (« Je te contemple… », texte Giovanni Francesco Busenello), Poesia elettronica n° 5 (« Cruelty has a human heart… », texte William Blake – Cantique des Cantiques), Poesia elettronica n°6 (« Come, let me sing into your ear… », textes W.B. Yeats / Emily Dickinson), Poesia elettronica n° 7 (« Couronnes de feuillage… », texte Mathilde Wesendonck), Poesia elettronica n° 8 (« Sous les feuilles noires des lauriers… », texte Pierre Louÿs), Poesia elettronica n° 9 (« Y a-t-il encore une beauté supérieure ? », texte Plotin), Poesia elettronica n° 10 (« Que j’ai commencé tard à vous aimer… », texte Saint-Augustin – Cantique des Cantiques), L’Ascenzione pour voix et ensemble instrumental (texte Simone Weil) – Création mondiale. Claude Debussy (1862-1918) : Syrinx pour flûte seule (avec électronique, arrangement Fabien Touchard), Chansons de Bilitis : La chevelure, La flûte de Pan, Le tombeau des Naïades (orchestration Bruno Gousset), Danse profane, Danse sacrée, pour harpe et orchestre à cordes. Monteverdi (1567-1643) / Fabien Touchard : Canto del Desio n°2 – Fanfare – Toccata d’après L’Orfeo, Canto del Desio n°3 – Pur ti miro. Jeanne Leleu (1898-1979) : Sonnets de Michel-Ange – Fuyez, amants, fuyez pour soprano et piano. Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck-Lieder – Im Treibhaus, Träume, Der Engel (orchestration Othman Louati). Gordon et Sarah Silverblatt-Buser mise en scène & création vidéo. Marie-Laure Garnier, soprano ; Marie Laforge, flûte ; Coline Jaget, harpe ; Philippe Hattat, piano ; Damien Pouvreau, théorbe ; Olivier Peigné et Matilda Kime comédiens. Les Apaches!, direction : Julien Masmondet

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Restituer les vertiges de l'amour dans les marbres de Michel-Ange et Rodin comme dans les notes de Monteverdi à , en passant par Debussy et Wagner, tel était le défi à relever par et son ensemble !

Ambiance singulière ce samedi 30 mai dans un palais du Louvre vide en soirée, silencieux, frais. À l'extérieur la canicule sans précédent de ce printemps 2026 vit ses dernières heures mais la chaleur est toujours bien présente, et aux 36° qui ont été atteints dans l'après-midi s'ajoute, autour du musée, la tension croissante des Franciliens qui se rassemblent pour la finale de la Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain.

Indefinito, le programme, conçu spécialement dans le cadre de l'exposition « Michel-Ange / Rodin. Corps vivants », est typique de l'identité de l'ensemble : il touche à tout, associe ce qui paraît contraire ou hétérogène, se moque des frontières entre époques, et disciplines. Il s'affranchit de tout sauf de l'essentiel : donner à vivre une émotion qui touche. Le thème de la soirée : vie, mort et transfiguration de l'amour. D'abord le désir en solitude, puis la passion partagée, la douleur de la trahison, le deuil de l'amour, enfin l'ascension vers une expression plus élevée et universelle. Au fil de ces transformations, pas moins de 25 pièces différentes, dont 10 Poesia elettronica de , trois Wesendonck Lieder dans des arrangements d', trois Chansons de Bilitis de Debussy orchestrées par Brunot Gousset, trois pièces de Monteverdi réinterprétées par , le tout illustré de vidéos explorant au plus près les marbres de Michel-Ange et Rodin, et ces fascinants moments de passage où le marbre le plus satiné émerge de la matière laissée brute et inachevée par les burins.

Fabien Touchard constitue la colonne vertébrale de la soirée. Chacune des Poesia elettronica donnent à voir les marbres de Michel-Ange et Rodin (superbes éclairages changeants des statues captés par  la caméra de Gordon et Sarah Silverblatt-Buser), rehaussés de textes d'auteurs aussi divers que Sappho, Saint-Augustin ou Emily Dickinson, en anglais comme en français (Matilda Kime d'un chic fou dans les deux langues) et tout cela serti dans des ambiances sonores électroacoustiques qui n'effacent jamais les mots. Entre ces capsules, Debussy, Wagner, Monteverdi et même alternent, tout comme les solistes où les femmes se taillent la part du lion, Marie Laforge pour la flûte, à la harpe, , chacune à sa manière aussi affirmées dans leur jeu qu'insérées dans le collectif. Si personne ne sera surpris par la finesse et l'élégance chaleureuse de la soprano dans les Chansons de Bilitis, ses Wesendonck-Lieder confirment ce dont l'intéressée est convaincue, à savoir l'alchimie profonde de l'artiste avec Wagner. Est-ce le velouté, la chaleur du timbre, la projection presque irradiante ? Suivre dans cette musique jusqu'à un jour Tristan und Isolde va être un magnifique voyage. À noter aussi, toujours dans ces Lieder, l'orchestration particulièrement subtile et inspirée d'. Le programme culmine avec une dernière création de Touchard, L'Ascenzione sur un texte de Simone Weil : amour supérieur au-dessus des contingences charnelles et des souffrances affectives, climax sonore où pour la première fois les seize musiciens et la soprano sont à pleine puissance, un flot d'énergie et de lumière qui chasse les brumes et les affects.

Si la composition du programme est admirable de subtilité et de profondeur et mériterait d'être redonnée, formons au moins un vœu : que l'ensemble des Wesendonck-Lieder soit orchestré par et enregistré par et – il ne manque d'ailleurs que les 2e et 4e Lieder du cycle. Cela ferait une formidable carte de visite wagnérienne pour tous ces jeunes talents.

Le premier concert dans le cadre de l'exposition « Michel-Ange / Rodin. Corps vivants », par l'ensemble vocal  Les Métaboles : 

Les voix sculptées entre Rodin et Michel-Ange à l'Auditorium du Louvre

Crédits photographiques : © ResMusica

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Paris. Auditorium du Louvre. 30-V-2026. Indefinito. Fabien Touchard (né en 1985) : Poesia elettronica n° 1 (« Je n’aimais pas encore… », texte Saint-Augustin – Confessions), Poesia elettronica n° 2 (« I love the sensual… », texte Sappho), Poesia elettronica n° 3 (« Et son bras et sa jambe… », texte Charles Baudelaire – Cantique des Cantiques), Poesia elettronica n °4 (« Je te contemple… », texte Giovanni Francesco Busenello), Poesia elettronica n° 5 (« Cruelty has a human heart… », texte William Blake – Cantique des Cantiques), Poesia elettronica n°6 (« Come, let me sing into your ear… », textes W.B. Yeats / Emily Dickinson), Poesia elettronica n° 7 (« Couronnes de feuillage… », texte Mathilde Wesendonck), Poesia elettronica n° 8 (« Sous les feuilles noires des lauriers… », texte Pierre Louÿs), Poesia elettronica n° 9 (« Y a-t-il encore une beauté supérieure ? », texte Plotin), Poesia elettronica n° 10 (« Que j’ai commencé tard à vous aimer… », texte Saint-Augustin – Cantique des Cantiques), L’Ascenzione pour voix et ensemble instrumental (texte Simone Weil) – Création mondiale. Claude Debussy (1862-1918) : Syrinx pour flûte seule (avec électronique, arrangement Fabien Touchard), Chansons de Bilitis : La chevelure, La flûte de Pan, Le tombeau des Naïades (orchestration Bruno Gousset), Danse profane, Danse sacrée, pour harpe et orchestre à cordes. Monteverdi (1567-1643) / Fabien Touchard : Canto del Desio n°2 – Fanfare – Toccata d’après L’Orfeo, Canto del Desio n°3 – Pur ti miro. Jeanne Leleu (1898-1979) : Sonnets de Michel-Ange – Fuyez, amants, fuyez pour soprano et piano. Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonck-Lieder – Im Treibhaus, Träume, Der Engel (orchestration Othman Louati). Gordon et Sarah Silverblatt-Buser mise en scène & création vidéo. Marie-Laure Garnier, soprano ; Marie Laforge, flûte ; Coline Jaget, harpe ; Philippe Hattat, piano ; Damien Pouvreau, théorbe ; Olivier Peigné et Matilda Kime comédiens. Les Apaches!, direction : Julien Masmondet

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