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Débuts réussis pour Marcelo Álvarez en Manrico

Il Trovatore à Parme

L’attention du public de Parme, toujours très exigeant, était ce soir concentrée sur les débuts de dans le rôle de Manrico. Il faut dire d’emblée que de ce point de vue, la soirée était pleinement réussie. Le ténor convainc par la pure beauté de son timbre et de ses aigus impeccables – Il faut chercher loin pour trouver un Manrico avec des contre-ut si pleins dans la Stretta!- Et on admire tout autant sa présence scénique, ainsi que sa façon d’habiter chaque mot, ou la moindre phrase musicale. Souhaitons-lui toutefois de continuer à être prudent dans le choix de ses rôles : Dans tous ses interviews il a annoncé que son Manrico se situerait dans la lignée de La Traviata et de Rigoletto et qu’il ne le chanterait à la manière d’un Franco Corelli. Mais à Parme cela n’était pas le cas : Il aborde le rôle d’une façon héroïque en grossissant son registre medium, risquant ainsi de perdre la qualité du timbre dans la zone du passage et l’aigu. Espérons qu’après ses prochains débuts dans Tosca aux Arènes de Vérone, il prendra un peu de recul avant de continuer dans cette direction.

A ses côtés, une distribution très intéressante : en Azucena était dans une forme extraordinaire, dramatiquement très intense et vocalement parfaite, sur toute la tessiture. campait un très bon Luna dont on a pu remarquer la grande expérience dans ce rôle. Son grand air « Il balen… » était un des points culminants de la soirée. , Leonora, avait été remplacée par pour les deux premières représentations de cette série, et peut-être n’avait-elle pas encore retrouvée sa pleine forme. Les piani étaient un peu rauques, les aigus forcés et l’intonation est devenue de plus en plus imparfaite, surtout dans la cabalette de son grand air du 4ème acte où elle a dû essuyer quelques huées. C’était bien dommage puisque la qualité de son timbre est très intéressante et son chant d’une grande intensité. Le Ferrando de Felipe Bou s’est fait apprécier par la grande facilité de son chant malgré une tessiture peu confortable, mais sa voix nous semblait assez petite. Le reste de la distribution était d’un bon niveau, en commençant par Elena Borin en Ines.

dirigeait les chœurs (en grande forme et préparés de manière excellente par ) et l’Orchestre du Teatro Regio avec une gestuelle très claire. Son Trouvère était plein de passion et d’intensité, ses tempi parfaits et entraînants.

La mise en scène de Elija Moshinsky ne nous a pas réservée de grandes surprises, elle était assez conventionnelle. La même chose peut être dite de la belle scénographie de Dante Ferretti. Seule la scène du couvent était un peu bizarre puisqu’elle nous rappelait plutôt Gare d’Orsay…

Crédit photographique : © Roberto Ricci-Teatro Regio di Parma