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Une Péri qui mène au Paradis…

écrit lui-même le livret de son oratorio Das Paradies und die Perie op. 50 d’après le fameux Lalla Rookh de Thomas Moore. La première, en 1843, fut une réussite : Mendelssohn vint d’ailleurs le féliciter. Comme le compositeur l’a confié, c’est «un oratorio, pas pour l’église, mais pour les gens joyeux.» La joie et l’enthousiasme sont en effet au rendez-vous de cette version dynamisante et fluide de .

L’homogénéité de l’orchestre, la précision des attaques, des dialogues entre voix et instruments, le dynamisme des passages forte, la lisibilité des lignes, le travail d’écoute, tout concourt à faire de cet enregistrement un must des enregistrements consacrés à Schumann. Tous les pupitres excellent, que ce soit les sonneries de trompettes avec ponctuation de timbales dans des passages énergiques comme «Die Peri sah das Mahl der Wunde», les cordes lyriques, ou les bois tour à tour nostalgiques ou dansants…

D’autant que les voix, parfaitement homogènes avec leur soutien instrumental et homogènes entre elles également, proposent une version très travaillée du texte, respectant bien les accents toniques et la musicalité de la langue allemande. Dorothea Roschmann est une Péri qui trouve le ton juste, dont le rôle est habité, investi. a véritablement une voix angélique qui sied d’autant mieux à son rôle… est un ténor expressif dans une narration toujours juste et mesurée. La soprano qui interprète la jeune femme ainsi que le ténor incarnant le jeune homme sont tout à fait convaincants également. Le chœur ainsi que Rebecca Marin, mezzo-soprano et le baryton (Gazna) viennent compléter brillamment ce tableau de maître. Les directions de chœur (Peter Dijkstra) et d’orchestre () se marient parfaitement bien pour offrir une version vraiment réussie d’une œuvre qui oscille entre opéra, lieder, oratorio… et qui, malheureusement trop peu jouée, n’en reste pas moins très intéressante.

Un seul regret : le livret bilingue dans lequel brille l’absence du français pour les non-anglicistes et non germanistes. C’est d’ailleurs plus dommage dans la traduction des textes chantés allemands de Schumann que dans le texte de présentation. Mais cela reste du détail. L’ensemble vaut vraiment qu’on s’y arrête… et qu’on y revienne !

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