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Charmante Bohème avec Natalie Dessay

La mise en scène de de la Bohème va fêter ses quinze ans et ne semble pas vieillir pour autant. Transposée au Paris des années 30, elle s’adapte parfaitement au drame de Puccini : la pauvreté ne tombe pas dans le sentimentalisme et respecte avec justesse les didascalies qui nuancent la partition du maître de Lucques.

La Mimi de est très timide vocalement dans le premier tableau (mais le personnage ne l’est-il pas ?). Cependant, plus l’œuvre se déroule, plus le chant se déploie, plus la variété des couleurs se fait entendre dans la voix de l’héroïne fragile. En revanche, son partenaire en Rodolfo est bien plus chétif vocalement, il détimbre dans les aigus et ne fait nullement ressortir la fougue du poète. campe un Marcello bien plus convaincant et s’impose d’emblée par sa présence scénique ainsi que par sa puissance vocale.

Quant à , tant attendue en Musetta, elle confère une nouvelle dimension au personnage sans jamais tomber dans l’excès. En notant sur sa partition con molta grazia ed eleganza, n’aurait pu rêver de meilleure interprète, sa valse est véritablement le chant d’une sirène, légère, élégante, fascinante et envoûtante elle ne rend que plus émouvante sa dernière apparition dans la mansarde.

Il serait injuste de ne pas citer le Schaunard de David Bizic ainsi que Colline de qui complètent remarquablement le quatuor de garçons.

, grand habitué de Puccini, sait souligner toutes les subtilités de la partition ; il y a un grand équilibre entre l’orchestre et les solistes. Malheureusement, il manque souvent d’une certaine souplesse comme dans l’ouverture du tableau du quartier latin dans lequel le tempo beaucoup trop rapide ne permettait pas au cœur d’être précis.

Crédit photographique : (Mimi) ; (Musetta) & Rémy Corrazza (Alcindoro) © Christian Leiber / Opéra National de Paris