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La difficile ascension du Chant de la Terre par Hartmut Haenchen

Après l’exceptionnelle Symphonie n°6 de Mahler jouée en ouverture de la saison et en première du projet « All Mahler » des orchestres symphoniques belges, le public était venu en masse écouter ce Chant de la terre sous la direction du grand espérant que le miracle se renouvelle.

Le chef présente une constante dans son approche qui vise plutôt un expressionnisme viennois typique du début du XXe siècle avec des contrastes appuyés, une masse sonore puissante et des interventions instrumentales soulignées par une recherche des effets tragiques et burlesques. Si la vision mérite le respect pour sa cohérence et son intelligence, le résultat est moins probant que dans la symphonie « tragique ». Véritable scanner des possibilités d’un orchestre, la partition réussit moyennement à un orchestre de La Monnaie qui se recherche tout un temps. Les premiers lieder sont ainsi assez brouillons avec des scories dans le fini instrumental et des disparités entre les pupitres : si les flûtes et les cors s’avèrent vaillants, les hautbois et les trompettes sont en net retrait. L’ensemble s’échauffe au fil de l’œuvre et livre un « Abschied » final avec de belles couleurs aux cordes.

Souvent présent à La Monnaie, assure une prestation intéressante mais qui vaut mieux pour l’intelligence et le vécu du texte que pour la beauté et l’émotion de la voix. Ténor promis à un bel avenir, présente un timbre séduisant et clair, mais il manque de puissance pour passer l’orchestre dans les tutti.

Crédit photographique : Hartmunt Haenchen/DR