- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Leonidas Kavakos, la consécration parisienne

C'est un violoniste grec, , qui a rempli la salle Pleyel ce soir. Directeur musical de la Camerata Salzburg,  ses fulgurances sont celles d'un Paganini et son intériorité, celle d'un ascète. Résultat? Un Concerto de Tchaïkovski magistral.

Les confidentielles symphonies de Tubin et Rott n'ont toutefois pas été moins captivantes. Parce que, ce que le chef touche, semble gagner en noblesse. Dans la Symphonie n°11 de Tubin c'est une force tellurique qui se déploie, grâce à la pâte onctueuse de l'orchestre mais aussi sa précision et son lyrisme.

L'introduction du Concerto pour violon de Tchaïkovski, comme rarement il est donné d'entendre, est un enchantement. Un marche-pied vers les sonorités diaphanes du violoniste. En symbiose avec l'orchestre et un accompagnement subtil, le soliste développe une virtuosité léchée – naturelle, supersonique – et une spontanéité expressive comme rarement on en voit en concert. Sa méditation intelligente et flamboyante de l'œuvre se referme avec un bis d'Ysaÿe qui est une plongée dans les ténébres pour mieux goûter à la lumière.

Cette once de magie persiste dans la deuxième partie. Dans la Symphonie de , un compositeur en qui  Mahler croyait beaucoup. Il disparut trop tôt mais laissa cette œuvre aboutie, chatoyante et pleine de personnalité – une personnalité un peu trop focalisée sur la partition de triangle, sans doute, mais une personnalité dont a saisi toute les nuances. A commencer par l'occupation du silence. On retiendra de ce compositeur l'humour, l'emphase, le pittoresque, les harmonies « organiques »…  Une musique pleine de surprises et une narration rythmée qui ne vous lâche pas… Y est pour beaucoup le magnétisme du tandem Järvi – qui peut vous faire regretter d'être parti à la pause.

 

(Visited 171 times, 1 visits today)