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Refuge musical à Theresienstadt

Ce DVD propose un documentaire et un concert reliés directement au camp de concentration de Theresienstadt (Terezin en tchèque) durant l’occupation nazie, et s’inscrit dans la continuité d’un premier album CD publié en 2007 (Clef ResMusica) avec les mêmes musiciens. Ce travail de mémoire honore les déportés dont deux rescapés émouvants témoignent et répondent en toute simplicité  aux questions empathiques du violoniste . Une grande émotion se forme à leur écoute, eux que l’on imagine menacés de mort imminente mais également, très temporairement, « sauvés » par la pratique musicale. Le camp de Theresienstadt servait de vitrine relativement acceptable pour conforter la propagande allemande. On y  avait regroupé de nombreux musiciens, artistes et compositeurs. Des représentations théâtrales et des concerts proposés plusieurs fois par jour masquaient la terrible réalité et essayaient de donner le change vis-à-vis des regards internationaux et pour partie, germaniques. La réalisation de ce DVD doit principalement à l’implication de la soprano suédoise dont le père Göran von Otter (1907-1988) fut diplomate en poste à Berlin pendant la guerre.

Le concert, touchant et digne, chanté par reçoit le renfort de (violon), (baryton), (piano), (contrebasse, guitare, accordéon) et Gert Heidenreich (narrateur). Ils ressuscitent la mémoire des morts anonymes et jouent les œuvres de créateurs tous, à l’exception de , ayant vécu là, avant d’être assassinés en général au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en 1944-45. Ont-ils conçu en notes le désespoir le plus noir, ont-ils sombré dans la folie ? Non, pour la plupart ils ont puisé au plus profond d’eux-mêmes la modeste joie de l’instant présent si précieux ; ils ont chanté les belles années de jadis et même osé trouver quelque espoir dans un futur hypothétique que sans doute ils ne connaitraient jamais. Parfois, ils n’ont pas hésité à pratiquer l’humour noir et l’autodérision. A l’Académie des Beaux-Arts de Bavière, devant un public peu nombreux mais extrêmement attentif et concentré, ils sauvent de l’oubli total bon nombre de partitions largement imprégnées de l’expressionnisme dominant à l’époque de la République de Weimar.

Alors que rôdaient dangereusement la faim, la maladie et la mort, la musique parvint à rejeter ponctuellement l’inhumanité de l’amoralité institutionalisée. De Schulhoff, mais cela concerne aussi les autres compositeurs de cet enfer, Daniel Hope a dit : « Ce qui me fascine, c’est la passion et la volonté de survie qui s’expriment à travers cette musique. »

En coopération avec la
sur les mémoires des violences politiques