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Moïse et Pharaon à Marseille, un évènement !

L’Opéra de Marseille a réunit une excellente distribution pour le rare Moïse et Pharaon de Rossini. Un événement.

Moïse et Pharaon est une œuvre rare, synthèse entre les goûts de la première moitié du XIX° siècle, italien pour l’embellissement vocal, et français pour la déclamation, et par ce côté hybride, difficile et bien peu souvent montée. On se souvient de la production de l’Opéra de Paris en 1983 et de celle de Pesaro en 1997, mais cela ne fait guère pour un jalon si important dans l’histoire de l’opéra !

Grâce soit donc rendue à l’Opéra de Marseille d’avoir effectué cette création in loco, qui avait tout d’un événement people mais avec de nombreux siège étaient vides au parterre. Rejet d’une version concertante ? Défection de  ? Difficulté d’appréhension de l’œuvre, qui conjugue plus d’ensembles et de longs récitatifs que d’airs brillants ? Longueur de la partition, même amputée de ses ballets ? Difficile à dire…

Pourtant, la distribution avait tout pour réjouir le mélomane. est un Moïse puissant, noir, rustre, buté, opposé au Pharaon clair et élégant de , à la ligne souveraine. C’est un contraste saisissant ! est une Anaï vierge et pudique à souhait, avec des inflexions pures, des piani miraculeux, mais toujours et encore, trop de prudence dans l’interprétation, là où on aurait apprécié un peu plus de flamboyance.

On aurait tant aimé entendre, pour la dernière fois peut-être, dans son compositeur de prédilection, mais le sort en a fait autrement. Indisposée, elle a dû laisser la place à , qui tira bien son épingle du jeu. Faisant montre à la fois de puissance et de souplesse, malgré quelques intonations douteuses, son engagement sans faille et ses aigus dardés emportent l’adhésion.

est un charmant ténor sucré, un peu sous dimensionné pour le rôle complexe d’Aménophis. Le timbre est frais, mais manque de mordant, et le suraigu est parfois à la peine, mais le style et la technique sont parfaits, et il assume avec courage toutes les embûches de sa partie.

Les seconds rôles sont impeccables, qu’il s’agisse des exemplaires et , qu’on aurait pouvoir entendre davantage, de la découverte de , inconnu à la voix claire et bien timbrée, ou de la plus confidentielle .

Dans une partition qui les sollicite tant, l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Marseille, sous la baguette probe et compétente de , obtiennent un son précis, sans lourdeur ni grandiloquence, avec beaucoup d’engagement.