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Les Joyaux de Balanchine scintillent au Palais Garnier

Le triptyque Joyaux de revient dans la production signée , pour un feu d’artifice étincelant du Ballet de l’Opéra de Paris.

Ce n’est qu’en 2000 que la trilogie des Joyaux de Balanchine a fait son entrée au grand complet au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. L’origine de ces pièces remonte pourtant à 1967, période à laquelle en se promenant devant les bijoutiers de la 5e avenue à New York, Balanchine eut envie de faire de ces joyaux un ballet, rendant hommage aux écoles de ballet française, américaine et russe. Pour son entrée au répertoire parisien, l’institution la rebaptisa Joyaux et confia décors et costumes à . Dans ses toiles peintes monochromes, le couturier se fait plasticien contemporain, tandis qu’il respecte la tradition brillante des strass et pierreries dans les justaucorps et tutus des danseurs.

Dans Emeraudes, le premier opus aux reflets verts de la trilogie, les danseurs sont d’une précision et d’une musicalité parfaite, portés par les mélodies caressantes de Fauré. Emeraudes avait été créé presque « sur mesure » par Balanchine pour les danseurs parisiens. C’est cette excellence à la française qui a conduit la compagnie à être invitée au printemps dernier à New York à l’occasion du cinquantenaire du ballet créé en 1967. À la fois balanchinienne et faurétienne, (qui allait célébrer ses adieux le lendemain sur cette même scène) est d’une musicalité exceptionnelle. Plus moderne et plus romantique à la fois, est impressionnante. Le trio de garçons, formé de , et Arthur Raveau, de même que et , demi-solistes, rendent justice et grâce au style et à l’élégance si particulière de l’école française.

Un lever de rideau plus tard, ouvre le bal de Rubis avec des grands battements à s’en décrocher la hanche. Elle éclipserait presque le couple formé par et Paul Marqué. Avec du chien et de l’audace, les deux ballerines et l’ensemble des danseurs qui les accompagnent font vibrer le style syncopé du chorégraphe new-yorkais qui prévaut dans cette deuxième partie du triptyque.

Mais le plus brillant des trois reste sans contexte Diamants, un sans faute… Quel contraste entre le swing de Rubis et la majesté et l’ampleur des grands ports de bras à la russe de Diamants ! C’est sur des pages de Tchaïkovski, son compositeur fétiche, que Balanchine a choisi de chorégraphier le princier et étincelant final de Joyaux. Altier, est le partenaire de choix pour une sereine et hiératique dans ce long pas de deux central. Tout semble leur paraître si facile et si léger ! Belle surprise également avec le quatuor de filles formé par , , Laure-Adelaïde Boucaud et Roxane Stojanov. L’inventivité chorégraphique de Balanchine ne se relâche pas dans la marche finale, éblouissant festival de talents éclos ou à éclore.

Crédits photographiques : © Julien Benhamou / Opéra national de Paris