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Semele est toujours aussi sexy, à la Philharmonie de Paris

Depuis combien d’années déjà Sir nous enchante-t-il, à la fois défrichant le répertoire baroque et remettant sans cesse sur le métier des œuvres qu’il a contribué à populariser, telle cette Semele, en dénichant à chaque fois les nouvelles voix qui font mouche ?

Tout réside, semble-t-il, dans la modestie. Car non seulement ce concert à la Philharmonie de Paris, annoncé pourtant sans tambours ni trompettes, se poursuivra par une tournée prestigieuse au Palau de la Música à Barcelone, à l’Alexandra Palace Theatre à Londres, puis rien moins qu’à la Scala de Milan avant de se terminer à la salle Santa Cecilia de Rome, mais aussi il est indiqué comme version de concert, alors qu’il s’agit plutôt d’une fort sympathique mise en espace. C’est fou ce qu’on peut évoquer avec quelques tabourets, un canapé, des costumes simples mais adéquats et surtout une troupe motivée, alors qu’ailleurs, d’autres « vraies » mises en scène, très coûteuses, n’inspirent que l’ennui.

Le , en effet, toujours aussi percutant musicalement, ne se ménage pas, agissant comme un personnage à part entière, pas plus que les . On a particulièrement aimé l’idée des deux bassons s’agenouillant de chaque côté de Somnus avant qu’il ne se réveille, mais chaque instrumentiste, voire chaque choriste, serait à citer par son implication dramatique autant que musicale.

Les solistes chantent sans pupitre ni partition, et se déplacent tout naturellement d’un bout à l’autre de la scène. Dans le rôle-titre, fait grosse impression, par un naturel confondant, et une virtuosité insoucieuse qui rendent les airs de bravoure « Myself I shall adore » et « No, no, I’ll take no less » d’un pétillant irrésistible.

est un Jupiter léger, charmant, plus amoureux transi que Dieu des dieux. Bien que très agréable à entendre, il lui manque encore un peu de stature, dont , elle, déborde. Sa Junon investit l’espace, son timbre sombre résonne dans toute la salle, ses consonnes claquent comme des fouets. Elle a même du mal à réprimer son fort tempérament comique, car elle fait crouler la salle de rire par sa gestuelle et ses mimiques, au risque que le public ne remarque pas ses intenses qualités vocales.

impressionne en basse profonde, avec un très élégant air du sommeil, et Emily Owen dessine une Iris aussi convaincante qu’amusante. est un Athamas qui ne marque guère, tandis que le célèbre air « Endless Pleasure » est réservé à la jeune et fraîche Alison Ponsford-Hill, issue des chœurs.

Crédits photographiques : © Gerard Collett