- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Les Contes d’Hoffmann selon Michieletto en DVD

Opus Arte publie en DVD la captation des Contes d'Hoffmann selon Michieletto dans la version donnée à Londres en 2024, nouvelle production du Royal Opera House.

La distribution n'y appelle aucune réserve, dominée par . Très crédible en culotte courte grâce à sa juvénilité,  d'une élégance vocale miraculeuse, bien que semblant un brin friand d'applaudissements. Le ténor est très bien entouré par l'Olympia virtuose et veloutée d', l'Antonia mélodramatique à souhait d', et la Giulietta pulpeuse de . Excellent comédien, solide chanteur, y diabolise à loisir la face cachée du héros. Tous, même les rôles de complément, y parlent un bon français. La direction d'orchestre d' fait monter d'un cran le somptueux dramatisme de l'œuvre.

Les Contes de Michieletto, comme ceux d'Offenbach, seraient-ils eux aussi inachevés ? Le spectacle, retouché pour Lyon en décembre 2025 (c'était déjà le cas pour Don Pasquale entre Paris et Londres) par le metteur en scène italien, fait pencher la balance en faveur de sa nouvelle mouture. Le Septuor est là, comme à Lyon mais Scintille, diamant ! n'a pas encore remplacé Tourne, tourne, miroir. À Londres, le problématique acte vénitien n'est pas tout à fait à la hauteur des deux précédents : la prise du reflet y fait déjà son bel effet mais, Hoffmann et Dapertutto ne tombant pas encore la chemise (comme à Lyon), le côté Doppelgänger entre les deux hommes n'apparaît pas. Mais c'est surtout le tableau final qui déçoit : d'abord bouleversant avec son récapitulatif mémoriel, ensuite mal bouclé par l'image ultime du triomphe christique d'un Hoffmann bras en croix et comme porté en triomphe par tous ceux que le destin aura placé sur son chemin de croix.

Enfin, en faisant fi de son cadre de scène ébène, le filmage de Rhodri Huw prive de sa totale séduction le décor de Paolo Fantin, lequel n'apparaît jamais dans son intégralité. On y perd notamment l'hilarante sortie d'Olympia hors-cadre, ou encore la spectaculaire ouvertures des alvéoles du plafond entre Prologue et Acte I. Ces Contes auraient mérité la caméra d'un François Roussillon. En l'état, ils pourront servir de pièce à conviction à verser au dossier déjà copieux des avantages du spectacle vivant.

(Visited 27 times, 27 visits today)
Partager