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La Belle Hélène à Nantes : Jubilatoire !

C’est avec un plaisir certain que nous retrouvons à Nantes cette production de La Belle Hélène créée à Strasbourg pour fêter la fin d’année 2006. En effet, a réussi une transposition cohérente et savoureuse dans le Hollywood des années 20. Hélène est une star du muet, Ménélas son mari et producteur, et Pâris un ambitieux figurant, sûr de sa séduction. Les gags s’enchaînent avec un rythme soutenu et sans une once de vulgarité dans ce spectacle roboratif, qui bénéficie des projections vidéo aussi drôles que virtuoses conçues par la firme Fettfilm (l’inauguration de l’Opéra de Nantes par le président Agamemnon !). Celles-ci contribuent éminemment à la création de l’univers en noir et blanc dans lequel évoluent des personnages joyeusement dessinés, qui bénéficient de la régie très précise de Benoît Benichou, en charge de cette reprise. et ont par ailleurs signé l’adaptation des dialogues, émaillés d’allusions à l’actualité politique qui font mouche.

La distribution est à la hauteur de cette production. Superbement habillée par , Stéphanie d’Oustrac impose un physique princier et joue la comédie avec une liberté scénique que nous ne lui avons pas toujours connue. Vocalement, elle ne manque pas davantage de panache. Interprète de Pâris, n’est que séduction dans le physique et raffinement dans la voix. L’inusable , que nous sommes heureux de retrouver, campe un hilarant Ménélas, le cigare en bouche et l’accent inimitable, tandis que mène le jeu avec bonhomie en cinéaste en manque de moyens. Tous les seconds rôles sont bien tenus, certains par des artistes du chœur d’Angers Nantes Opéra, avec une légère réserve pour un Oreste scéniquement convaincu mais vocalement un peu court. Il règne ici un bel esprit d’équipe, et le plaisir des protagonistes de cette production est patent.

Si nous devons émettre des réserves, elles s’adressent à la fosse où , délaissant pour l’occasion son Concert Spirituel, impose une lecture bruyante et heurtée, peu attentive aux équilibres sonores. Nous nous réjouissons en revanche du choix de l’édition critique de la partition établie par , ainsi que de la participation enthousiaste et chorégraphiée des chœurs à cette matinée particulièrement réussie. C’était les fêtes de fin d’année avant l’heure au théâtre Graslin.

Crédit photographique : © Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra