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Trois contemporains dans l’espace de Garnier

Du grand art ! Pour dresser les purs sangs que sont et , il fallait bien « Darkness is hiding black horses », spectacle total du chorégraphe japonais , qui signe aussi la lumière, la scénographie, les costumes et même la musique (des galops remixés new age) ! Des danseurs racés, profonds, investis à l’image de – exceptionnel dans son interprétation de cheval sauvage. Fougueux, ample, torturé, mieux que Bartabas ! On est plus réservé sur le rôle dévolu à , proche d’un Tybalt dans « Roméo et Juliette », sur la chorégraphie elle-même (simpliste et non dénuée de tics agaçants) et sur la fin très abrupte du trio qui désarçonne les spectateurs. Le tout sur un plateau nu, sculpté par la lumière et les jets de fumée sépulcraux qui jaillissent du plancher.

Changement de style avec « Glacial Decoy », un ballet dans le silence – ou presque, compte tenu du bruit du projecteur diapo qui fait défiler des images en fond de scène. Cette pièce délicate et puissante offre un fort contraste entre la radicalité des photos en noir et blanc signées et la fluidité des mouvements chorégraphiques de Trisha Brown. Une frise de jeunes femmes, vêtues de plissés à l’antique, passent de cour à jardin, disparaissent et apparaissent du champ de la scène. Joliesse, classicisme de l’interprétation, quatre très belles danseuses (Laurence Laffon, Caroline Robert, Letizia Galloni, Juliette Hilaire) pour fêter les dix ans de l’entrée de cette pièce au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris.

Après l’entracte, place au dispositif fantastique conçu par le plasticien pour « Doux mensonges », une création de  pour la compagnie et son théâtre. Dans un décor spectaculaire et majestueux, on suit chanteurs et danseurs sur et sous la scène, grâce à une caméra vidéo. Magie des trappes qui s’ouvrent et se ferment, de la forêt de piliers de bois sous le plancher, dans une ambiance très Fantôme de l’Opéra. Sur le plateau, deux duos garçons-filles dans des costumes forsythiens en diable : l’ultra-légère et , et la mystérieuse et cinégénique avec . Un moment de grâce permis aussi par les chanteurs des Arts Florissants dirigés par dans des madrigaux de Gesualdo et Monterverdi. Magique !

Crédit photographique : © Agathe Poupeney pour l’Opéra de Paris

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