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Markus Stenz et le Gürzenich de Cologne jouent un Mahler terrien

Le chef d’orchestre allemand poursuit à la tête de son une intégrale des Symphonies de Mahler. Peu présent dans les pays francophones, ce chef est pourtant, à bientôt 50 ans, l’une des meilleures baguettes germaniques. Sous sa direction, l’ s’est hissé dans le peloton de tête des phalanges d’outre-Rhin. Historiquement la formation peut s’enorgueillir d’une longue tradition mahlérienne : elle a donné la première mondiale de la Symphonie n°5 et elle pratique son Mahler au disque avec assiduité comme le montrent les enregistrements de (EMI) ou (EMI).

Le Mahler de Stenz se plait à retourner aux bases des interprétations des pionniers : un Mahler rapide, sec et bien carré. Fuyant la tendance actuelle à sur-jouer les moindres détails genre (Tudor), le chef impose un climat plus terrien que céleste à cet hymne à la nature et à la vie. Il en résulte une saine énergie et une lisibilité des lignes directrices, mais on attendait un peu plus d’abandon et de magie dans les alliages orchestraux.  Le tout est souvent traité à la pointe sèche comme dans le « O Mensch, gib acht ! », scanné au laser en dépit du beau timbre de . Quant au long dernier mouvement, il refuse tout épanchement d’émotions et reste sévèrement serré.

Très affuté, l’orchestre fait briller sa perfection technique et ses teintes mates, mais la précision est un peu avare de rondeur et de galbe.

Cette version est solide, mais elle doit s’incliner devant les lectures de (Exton) ou (DGG et Euroarts), (Decca) ou (DGG) pour en rester à des lectures récentes.